Blaise Pascal

Portrait de Blaise Pascal
Portrait de Blaise Pascal, unknown; a copy of the painting of François II Quesnel, which was made for Gérard Edelinck en 1691[réf. nécessaire]. · CC BY 3.0.

Biographie de Blaise Pascal

Né le 19 juin 1623 à Clermont en Auvergne, Blaise Pascal est le fils d'Étienne Pascal, magistrat à la cour des Aides, et d'Antoinette Begon. Orphelin de mère à trois ans, il est éduqué personnellement par son père, qui l'installe à Paris en 1631 pour fréquenter le cercle scientifique du père Mersenne. Prodige précoce, il compose à douze ans un traité sur les sections coniques (Essai sur les coniques, 1640), puis invente vers 1642 la Pascaline, première machine à calculer mécanique de l'histoire.

À Rouen en 1646, la famille rencontre des disciples de Saint-Cyran : c'est la première conversion janséniste de Blaise, bientôt confirmée par ses sœurs Gilberte et Jacqueline. Parallèlement, il mène ses grandes expériences sur le vide et la pression atmosphérique (Puy-de-Dôme, 1648), formule les principes du calcul des probabilités dans sa correspondance avec Fermat (1654), et développe sa géométrie projective.

La nuit du 23 novembre 1654 marque la seconde conversion : deux heures de feu mystique consignées dans le Mémorial qu'il cousera toute sa vie dans la doublure de son pourpoint. Il s'installe alors au Port-Royal des Champs et publie sous pseudonyme les Lettres provinciales (1656-1657), dix-huit pamphlets foudroyants contre la casuistique jésuite, qui révolutionnent la prose française et sont loués jusque par Voltaire.

Miné par une santé fragile depuis l'enfance, il rassemble les fragments de son apologie du christianisme, les futures Pensées, sans pouvoir les achever. Il meurt à Paris le 19 août 1662, à 39 ans, dans la paroisse Saint-Étienne-du-Mont. L'édition de Port-Royal (1670) donne à ses notes la première mise en ordre ; l'édition Lafuma (1952), fidèle au classement autographe, les restitue dans leur dynamique originelle.

Manuscrit autographe des Pensées de Pascal (BnF, département des Manuscrits, entre 1656 et 1662)
Manuscrit autographe des Pensées (BnF, c. 1656-1662), ActuaLitté · CC BY-SA 2.0.

Œuvre et doctrine

Pascal renouvelle l'apologétique chrétienne en partant non de l'évidence rationnelle mais de la condition humaine : misère sans Dieu, grandeur par la pensée, disproportion entre les deux infinis. Sa théorie des trois ordres (corps, esprit, charité) désolidarise la foi du savoir mondain sans l'abandonner à l'irrationnel ; le pari ouvre une anthropologie de la décision, le cœur une épistémologie des premiers principes.

Théoricien de la grâce efficace aux côtés d'Arnauld, il défend Port-Royal contre la casuistique jésuite dans les Provinciales, modèle absolu de prose polémique. Il fonde la tradition française du moraliste chrétien (La Bruyère, Chateaubriand), inspire Kierkegaard, Dostoïevski, Bergson, Guitton, Marion. Béatifié par l'opinion catholique française, jamais canonisé, il demeure le penseur chrétien le plus radicalement moderne.

Œuvres majeures

  • Lettres provinciales (1656-1657)
  • De l'esprit géométrique (1657-1658, posthume)
  • Écrit sur la grâce (c. 1656)
  • Pensées (posthume, 1670, édition de Port-Royal)
  • Traités de l'équilibre des liqueurs et de la pesanteur de la masse de l'air (1663)
Cloître de l'ancienne abbaye de Port-Royal de Paris, foyer spirituel de Pascal
Cloître de l'abbaye de Port-Royal (Paris), foyer spirituel de Pascal, Atget, Eugène (Jean Eugène Auguste Atget, dit) (Libourne, 12–02–1857 - Paris, 04–08–1927), photographe · CC0.

Héritage et postérité

Pascal fonde la tradition française du moraliste chrétien (La Bruyère, Vauvenargues, Chateaubriand), inspire Kierkegaard, Nietzsche (qui le tient pour le « christianisme intellectuel incarné »), Dostoïevski, Bergson, Shestov, Guitton, Marion. Son pari nourrit la théorie de la décision contemporaine ; son anthropologie hante Maurras, Benda, Camus, Ricœur. Sacré par Malraux dernier « homme du XVIIᵉ siècle » lisible au XXᵉ, il reste le guide des convertis français (Claudel, Maritain, Julien Green) et la référence pastorale de Jean-Paul II et Benoît XVI.

« Le cœur a ses raisons, que la raison ne connaît point : on le sait en mille choses. »

, Blaise Pascal, Pensées, Lafuma 423 / Brunschvicg 277, c. 1657-1662

Repères chiffrés

39 ans durée de vie
5 œuvres majeures
janséniste mitigé mouvement principal
Laïc catholique pr… affiliation

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Questions fréquentes sur Blaise Pascal

Qu'est-ce que le « pari » de Pascal ?

L'argument du fragment 418 (Lafuma) : face à l'alternative Dieu existe / Dieu n'existe pas, la raison ne peut trancher, mais il faut parier. En misant sur l'existence de Dieu, on gagne une vie éternelle contre un coût fini ; en pariant contre, on risque un gain fini contre une perte infinie. Le pari est donc rationnellement asymétrique en faveur de la foi.

Pascal était-il janséniste ?

Il est proche de Port-Royal et défend Arnauld sur la grâce efficace dans les Provinciales (1656-1657), mais il refuse l'étiquette partisane. Sa position, dite « janséniste mitigée », est augustinienne sur la grâce sans épouser le rigorisme moral extrême de certains de ses amis ; il signe avec réticence le formulaire anti-janséniste et s'en confesse dans ses derniers jours.

Les Pensées sont-elles un livre achevé ?

Non. Ce sont les fragments préparatoires de l'Apologie du christianisme qu'il projetait depuis 1658. À sa mort en 1662, environ 1000 fragments sont retrouvés, partiellement classés en 27 liasses autographes. L'édition Lafuma (1952) et l'édition Sellier (2000) respectent ce classement primitif ; l'édition Port-Royal (1670) l'avait recomposé thématiquement.

Sources et pour aller plus loin

  • Henri Gouhier, Blaise Pascal : commentaires, Vrin, 1966.
  • Philippe Sellier, Pascal et saint Augustin, Armand Colin, 1970 (rééd. Albin Michel, 1995).
  • Jean Mesnard, Pascal, l'homme et l'œuvre, Boivin, 1951 (rééd. Hatier, 1967).
  • Henri Gouhier, Blaise Pascal : commentaires, Vrin, 1966.
  • Philippe Sellier, Pascal et saint Augustin, Armand Colin, 1970 (rééd. Albin Michel 1995).
  • Jean Mesnard, Pascal, l'homme et l'œuvre, Boivin, 1951 (rééd. Hatier 1967).