Louis Hubert Gonzalve Lyautey

Portrait de Lyautey
Portrait de Lyautey, Georges Chevalier · CC BY 4.0.

Biographie de Lyautey

Né le 17 novembre 1854 à Nancy, dans une famille catholique lorraine et patriote, Hubert Lyautey grandit marqué par la défaite de 1870 et l'annexion de l'Alsace-Moselle. Sorti de Saint-Cyr en 1875, il sert d'abord en cavalerie. Son article « Du rôle social de l'officier » dans la Revue des Deux Mondes (1891) lui vaut une réputation d'intellectuel militaire.

Sa carrière coloniale s'ouvre au Tonkin sous Gallieni en 1894, où il découvre la doctrine de la « tache d'huile » : pacifier par le développement économique et le respect des structures locales plutôt que par la force. À Madagascar (1897-1902), il en applique les principes. Le commandement de la frontière algéro-marocaine de 1903 à 1910 lui permet une conquête méthodique du Maroc oriental.

Nommé Résident général de France au Maroc le 28 avril 1912, treize jours après le traité de Fès, il exerce un quasi-vice-royauté jusqu'en 1925. Sa doctrine est constante : maintenir le sultan, respecter l'islam et la culture chérifienne, protéger les médinas (interdiction d'y construire à l'européenne), confier l'urbanisme moderne à Henri Prost à Rabat, Casablanca, Fès et Marrakech. Casablanca devient le grand port du Maghreb, Rabat la capitale administrative.

Brièvement ministre de la Guerre sous Briand (décembre 1916 - mars 1917), il démissionne en désaccord avec l'offensive Nivelle. Élevé à la dignité de maréchal de France le 19 février 1921, il quitte le Maroc en septembre 1925, en désaccord avec Pétain sur la conduite de la guerre du Rif. Commissaire général de l'Exposition coloniale internationale de 1931, il meurt à Thorey-Lyautey le 27 juillet 1934. Ses cendres reposent aux Invalides depuis 1963.

Tombeau du maréchal Lyautey aux Invalides
Tombeau du maréchal Lyautey à l'Hôtel des Invalides, où il repose depuis 1963, Le Commissaire (Wikimedia) · CC BY-SA 4.0.

Carrière militaire et faits d'armes

Lyautey incarne le proconsul-bâtisseur et la doctrine d'un colonialisme respectueux des sociétés rencontrées. Sa formule « montrer la force pour ne pas s'en servir » et sa conviction qu'« il faut que la conquête bénéficie aux conquis » influent durablement la pensée coloniale française et la doctrine actuelle de la contre-insurrection. Catholique pratiquant, monarchiste de cœur, il est aussi membre de l'Académie française dès 1912.

Son rôle de fondateur du scoutisme catholique français (parrain des Scouts de France à leur création en 1920) et son patronage moral du mouvement des chefs en font une figure tutélaire de l'éducation catholique du XXe siècle. Le Maroc moderne lui doit ses villes, ses ports et sa structure administrative.

Chronologie militaire

  • 1873, Entre à Saint-Cyr ; carrière débute en cavalerie.
  • 1894, Sert en Indochine sous Gallieni, applique la doctrine de la « tache d'huile » et de la pacification.
  • 1897-1902, Commandant à Madagascar avec Gallieni : organisation civile et militaire.
  • 1903-1910, Commandement à la frontière algéro-marocaine ; conquête méthodique du Maroc oriental.
  • 1912-04-28, Nommé Résident général de France au Maroc après la signature du protectorat de Fès.
  • 1912-1925, Modernisation du Maroc : Casablanca port moderne, urbanisme de Henri Prost à Rabat, Fès, Marrakech ; respect des médinas et de la culture chérifienne.
  • 1916-12-12, Brièvement ministre de la Guerre (Briand) ; démissionne en mars 1917.
  • 1921-02-19, Élevé à la dignité de maréchal de France.
  • 1925-09, Démissionne du Maroc pendant la guerre du Rif, en désaccord avec Pétain.
  • 1931, Commissaire général de l'Exposition coloniale internationale de Paris.
Lyautey en pays Zaïan au Maroc en juillet 1914
Le général Lyautey en pays Zaïan, Maroc, juillet 1914, au début de son protectorat, Anonyme (1914) · CC BY-SA 4.0.

Héritage et mémoire nationale

Bâtisseur du Maroc moderne et théoricien du protectorat respectueux des sociétés locales. Sa formule « montrer la force pour ne pas s'en servir » et sa devise « la joie de l'âme est dans l'action » imprègnent la doctrine coloniale française. Académicien français (1912), maréchal, héros lorrain et figure tutélaire du scoutisme catholique français.

« La joie de l'âme est dans l'action. »

, Devise personnelle d'Hubert Lyautey (Paroles d'action, 1927)

Lieux de mémoire à visiter

80 ans durée de vie
10 événements majeurs documentés
Maréchal de France grade le plus élevé
5 lieux de mémoire
  • Nancy (lieu de naissance, place Stanislas)
  • Château de Thorey-Lyautey (résidence personnelle, musée)
  • Rabat (capitale administrative qu'il aménage avec Prost)
  • Casablanca (port et ville moderne créés sous son administration)
  • Hôtel des Invalides à Paris (sépulture définitive depuis 1963)

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Questions fréquentes sur Lyautey

Qu'est-ce que la doctrine de la « tache d'huile » ?

Élaborée par Gallieni au Tonkin et systématisée par Lyautey, elle consiste à pacifier un territoire par cercles concentriques en associant action militaire, infrastructures économiques (routes, marchés), respect des autorités locales et services médicaux. La conquête militaire reste un dernier recours.

Pourquoi Lyautey a-t-il quitté le Maroc en 1925 ?

Pendant la guerre du Rif (1925-1926) déclenchée par Abdelkrim, le gouvernement de Painlevé envoie Pétain en renfort avec un commandement militaire séparé. En désaccord avec la stratégie de répression brutale, Lyautey démissionne en septembre 1925.

Lyautey a-t-il été ministre ?

Oui, brièvement : ministre de la Guerre du 12 décembre 1916 au 14 mars 1917 dans le gouvernement Briand. Il démissionne après une intervention houleuse à la Chambre où il refuse de divulguer publiquement les plans d'offensive.

Pourquoi est-il enterré aux Invalides ?

D'abord inhumé en 1934 à Nancy, puis transféré selon ses vœux à Rabat en 1935, son corps revient en France après l'indépendance marocaine en 1961, repose à Thorey-Lyautey, puis est définitivement transféré au Dôme des Invalides le 10 mai 1963.

Sources et pour aller plus loin

  • Wikipédia, Louis Hubert Gonzalve Lyautey.
  • Hubert Lyautey, Paroles d'action (1900-1926), Armand Colin, 1927.
  • Arnaud Teyssier, Lyautey. Le ciel et les sables sont grands, Perrin, 2009.
  • Article « Hubert Lyautey », Wikipédia (fr.wikipedia.org/wiki/Hubert_Lyautey).