Joseph Jacques Césaire Joffre
Biographie de Joffre
Né le 12 janvier 1852 à Rivesaltes, en Roussillon, Joseph Joffre est fils de tonnelier. Précoce, il entre à Polytechnique à dix-sept ans en 1869 et participe en cadet à la défense de Paris en 1870-1871. Officier du génie, il fait carrière dans les colonies : campagne du Tonkin (1885-1888), puis le Soudan français avec la prise de Tombouctou en février 1894, qui lui vaut sa première notoriété nationale.
Nommé chef d'état-major général de l'armée le 28 juillet 1911, il prépare le plan XVII et noue une alliance opérationnelle avec l'état-major britannique. À la mobilisation du 2 août 1914, il commande l'ensemble des armées françaises. Après les revers des batailles des frontières et la retraite jusqu'à la Marne, il prend le 4 septembre la décision capitale de retourner à l'offensive.
La bataille de la Marne (6-12 septembre 1914) est sa victoire personnelle : par sa formule lapidaire « Tout dépend de la solidité, de l'énergie de l'attaque » et son ordre du jour du 6 septembre, « Une troupe qui ne peut plus avancer devra, coûte que coûte, garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que de reculer », il sauve Paris et fait reculer von Kluck. Ce « miracle de la Marne » reste l'une des batailles décisives du XXe siècle.
Les offensives meurtrières de Champagne et d'Artois en 1915, puis l'amorce de la bataille de Verdun en février 1916 (où il nomme Pétain), entachent toutefois son crédit. Élevé maréchal de France le 13 décembre 1916, premier maréchal de la IIIe République depuis 1870, il est immédiatement écarté du commandement effectif. Il accomplit en 1918-1919 des missions diplomatiques aux États-Unis et au Japon, est élu à l'Académie française en 1918, et meurt à Paris le 3 janvier 1931. Obsèques nationales aux Invalides ; inhumé dans son domaine de Louveciennes.
Carrière militaire et faits d'armes
Joffre reste le « sauveur de Paris » et le « grand-père » des poilus, dont il sut conquérir l'affection par sa silhouette débonnaire et son calme légendaire. Sa victoire de la Marne sauve la France de la défaite éclair voulue par le plan Schlieffen et inaugure quatre années de guerre de tranchées. Sa statue équestre devant l'École militaire à Paris et l'innombrable toponymie « avenue Joffre » nationale témoignent de sa stature.
Premier maréchal nommé sous la IIIe République depuis la défaite de 1870, il rouvre la voie aux Foch, Pétain et Lyautey. Il est aussi le père de la coopération militaire interalliée, dont Foch tirera plus tard les fruits comme généralissime allié. Ses Mémoires posthumes (1932) restent une source historique majeure.
Chronologie militaire
- 1869, Entre à Polytechnique à 17 ans ; participe à la défense de Paris en 1870-1871.
- 1885-1888, Campagne du Tonkin (Indochine), construction de fortifications.
- 1892-1894, Soudan français : conquête de Tombouctou (1894), mémorialisée.
- 1911-07-28, Nommé chef d'état-major général de l'armée.
- 1914-08-02, Mobilisation générale ; applique le plan XVII.
- 1914-09-04, Décide de la contre-offensive sur la Marne après le repli stratégique du « miracle de la Marne ».
- 1914-09-06_au_09-12, Bataille de la Marne : « Tout dépend de la solidité, de l'énergie de l'attaque ».
- 1915, Offensives meurtrières de Champagne et d'Artois.
- 1916-02, Bataille de Verdun (commencée sous son commandement) ; nomme Pétain.
- 1916-12-13, Élevé à la dignité de maréchal de France et écarté du commandement effectif.
- 1918-1919, Missions diplomatiques aux États-Unis et au Japon.
Héritage et mémoire nationale
Vainqueur de la Marne en septembre 1914, surnommé « le sauveur de Paris ». Premier maréchal nommé sous la IIIe République depuis 1870. Père de la coopération militaire interalliée. Statue équestre devant l'École militaire à Paris. Académicien français (1918), figure tutélaire des poilus.
« Tout dépend de la solidité, de l'énergie de l'attaque. Une troupe qui ne peut plus avancer devra se faire tuer sur place plutôt que de reculer. »
Lieux de mémoire à visiter
- Rivesaltes (Pyrénées-Orientales, lieu de naissance, mémorial)
- Marais de Saint-Gond et Marne (Champagne, victoire de septembre 1914)
- Polytechnique (formation)
- Domaine de Louveciennes (Yvelines, sépulture)
- Hôtel des Invalides (obsèques nationales)
À découvrir sur France Éternelle
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- Hôtel des Invalides, panthéon militaire de la France
- Basilique de Saint-Denis, sépultures royales et militaires
- Maréchal Foch, son successeur, vainqueur final de 1918
- Maréchal Lyautey, autre maréchal de la IIIe République
Questions fréquentes sur Joffre
Pourquoi appelle-t-on la Marne un « miracle » ?
Parce qu'en quelques jours (6-12 septembre 1914) l'armée française, après un mois de retraite catastrophique depuis les frontières, retourne soudain l'offensive et fait reculer l'armée allemande de 60 km, sauvant Paris alors que les avant-gardes ennemies étaient à 30 km de la capitale. Le plan Schlieffen est définitivement enrayé.
Pourquoi Joffre fut-il écarté en décembre 1916 ?
Les hécatombes de Champagne et d'Artois en 1915, le manque de préparation à Verdun en février 1916 et son autoritarisme avec le pouvoir politique poussèrent Briand à le « limoger en l'élevant » : il fut nommé maréchal de France le 13 décembre 1916, sans commandement effectif. Premier maréchal de la IIIe République.
Joffre est-il responsable des taxis de la Marne ?
Non directement : c'est le général Gallieni, gouverneur militaire de Paris, qui réquisitionne le 7 septembre 1914 environ 600 taxis parisiens pour transporter 5 000 soldats vers le front de l'Ourcq. L'apport militaire fut limité, mais l'effet psychologique et symbolique colossal.
Où repose Joffre ?
Après des obsèques nationales aux Invalides (janvier 1931), il fut inhumé selon ses volontés dans son domaine privé de Louveciennes (Yvelines), dans une chapelle qu'il avait fait construire. Sa tombe y est toujours.
Sources et pour aller plus loin
- Wikipédia, Joseph Jacques Césaire Joffre.
- Maréchal Joffre, Mémoires (1910-1917), Plon, 1932 (2 vol., posthume).
- Rémy Porte, Joffre, Perrin, 2014.
- Article « Joseph Joffre », Wikipédia (fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Joffre).