Ferdinand Foch
Biographie de Foch
Né le 2 octobre 1851 à Tarbes, dans une famille catholique pyrénéenne, Ferdinand Foch est élevé chez les Jésuites de Saint-Étienne à Metz. Engagé volontaire en 1870 pour la guerre franco-prussienne, il intègre Polytechnique en 1871, puis l'artillerie. Sa carrière, longue et discrète, le conduit à la direction de l'École supérieure de guerre de 1908 à 1911, où ses cours (Des principes de la guerre, 1903) influencent toute une génération d'officiers.
Commandant la IXe armée à la bataille de la Marne (6-12 septembre 1914), il défend les marais de Saint-Gond et y aurait expédié à Joffre le célèbre télégramme : « Mon centre cède, ma droite recule, situation excellente, j'attaque. » Coordonnateur du front Nord en 1915-1916, il subit la disgrâce après les sanglants assauts de la Somme avant de revenir en grâce comme chef d'état-major général en 1917.
Le 26 mars 1918, à la conférence de Doullens, il est désigné pour coordonner les armées alliées face à la grande offensive allemande de printemps. Le 14 avril, il est officiellement nommé généralissime des armées alliées. La contre-offensive de Villers-Cotterêts (18 juillet 1918) renverse le front et inaugure la marche à la victoire. Élevé maréchal de France le 6 août 1918, il reçoit la délégation allemande dans le wagon de Rethondes, en forêt de Compiègne, et y signe l'armistice à 5h15 le 11 novembre 1918.
Au traité de Versailles (28 juin 1919), il s'oppose à la modération des conditions imposées à l'Allemagne et prophétise : « Ce n'est pas la paix, c'est un armistice de vingt ans. » L'histoire lui donnera tragiquement raison. Maréchal de France, du Royaume-Uni (juillet 1919) et de Pologne (avril 1923), distinction unique, il meurt à Paris le 20 mars 1929 et est inhumé aux Invalides à proximité du tombeau de Napoléon.
Carrière militaire et faits d'armes
Foch est le vainqueur de la Première Guerre mondiale à la tête de la coalition alliée. Sa doctrine de l'offensive, héritée de la pensée stratégique française du début du siècle, fut tempérée par l'expérience des tranchées en une science de la manœuvre interalliée. Sa statue équestre sur la place du Trocadéro à Paris et l'avenue qui porte son nom dans presque toutes les villes françaises témoignent de son rang.
Catholique fervent, il pratique l'eucharistie quotidienne pendant la guerre et exige une messe avant chaque grande décision. Sa prophétie de Versailles (« un armistice de vingt ans ») fait de lui le dernier stratège lucide de l'entre-deux-guerres et un point de référence permanent du gaullisme militaire.
Chronologie militaire
- 1871, Engagé volontaire pour la guerre franco-prussienne ; intègre Polytechnique en 1871.
- 1908-1911, Directeur de l'École supérieure de guerre ; influence majeure sur la doctrine offensive.
- 1914-09-06, Bataille de la Marne : commandant la IXe armée, sauve les marais de Saint-Gond (« Mon centre cède, ma droite recule, situation excellente, j'attaque »).
- 1916-07-01, Commandant le groupe d'armées du Nord à la Somme.
- 1917, Chef d'état-major général ; coordonne les fronts alliés.
- 1918-04-14, Nommé généralissime des armées alliées après la conférence de Doullens (26 mars).
- 1918-07-18, Contre-offensive de Villers-Cotterêts ; renversement du front face à la dernière offensive allemande.
- 1918-08-06, Élevé à la dignité de maréchal de France.
- 1918-11-11, Reçoit la délégation allemande dans le wagon de Rethondes (forêt de Compiègne) et signe l'armistice à 5h15.
- 1919-06-28, Conseille au traité de Versailles : « Ce n'est pas la paix, c'est un armistice de vingt ans » (prophétie célèbre).
Héritage et mémoire nationale
Vainqueur de la Première Guerre mondiale en tant que généralissime allié. Maréchal de France, du Royaume-Uni et de Pologne, honneur unique. Statue équestre place du Trocadéro à Paris. Sa prophétie de 1919 sur le traité de Versailles fait de lui le dernier stratège lucide de la paix interbellum.
« Ce n'est pas la paix, c'est un armistice de vingt ans. »
Lieux de mémoire à visiter
- Tarbes (lieu de naissance, statue place de Verdun)
- Clairière de l'Armistice à Rethondes (forêt de Compiègne, wagon-musée)
- Marais de Saint-Gond (Marne, victoire de septembre 1914)
- Hôtel des Invalides à Paris (sépulture)
- Polytechnique (formation)
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Questions fréquentes sur Foch
Foch a-t-il vraiment dit « Mon centre cède... » à la Marne ?
L'authenticité du télégramme exact est discutée par les historiens, mais la phrase reflète bien l'esprit offensif que Foch insuffla à la IXe armée aux marais de Saint-Gond début septembre 1914. Elle figure dans ses Mémoires posthumes (1931).
Pourquoi Foch fut-il maréchal de trois pays ?
Maréchal de France le 6 août 1918, il reçut le bâton de maréchal britannique des mains de George V le 19 juillet 1919 pour son commandement allié, puis fut nommé maréchal de Pologne le 13 avril 1923 pour avoir défendu l'indépendance polonaise face à l'URSS. Honneur unique dans l'histoire.
Pourquoi le wagon de Rethondes est-il célèbre ?
C'est dans son wagon-restaurant aménagé en bureau, en clairière de la forêt de Compiègne, que Foch reçut la délégation allemande et signa l'armistice du 11 novembre 1918 à 5h15. Hitler exigea en juin 1940 que la capitulation française y soit signée en représailles symboliques.
Pourquoi prophétisa-t-il « un armistice de vingt ans » ?
Foch jugeait insuffisantes les garanties militaires du traité de Versailles (28 juin 1919) : il voulait la frontière du Rhin, des occupations longues et un démantèlement militaire plus radical de l'Allemagne. Sa formule « Ce n'est pas la paix, c'est un armistice de vingt ans » se vérifia presque jour pour jour en septembre 1939.
Sources et pour aller plus loin
- Wikipédia, Ferdinand Foch.
- Ferdinand Foch, Mémoires pour servir à l'histoire de la guerre 1914-1918, Plon, 1931.
- Jean-Christophe Notin, Foch, Perrin, 2008.
- Article « Ferdinand Foch », Wikipédia (fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_Foch).