Louis II de Bourbon, prince de Condé, dit le Grand Condé

Portrait de Le Grand Condé
Portrait de Le Grand Condé, Justus van Egmont (XVIIe siècle) · Public Domain.

Biographie de Le Grand Condé

Né le 8 septembre 1621 à Paris, Louis II de Bourbon, duc d'Enghien, est l'arrière-petit-fils de Louis Ier de Condé et un prince du sang. Élevé chez les Jésuites de Bourges, marié sur ordre de Richelieu en 1641 à sa nièce Claire-Clémence de Maillé-Brézé, il prend à 21 ans le commandement de l'armée des Flandres.

Le 19 mai 1643, jour même de la mort de Louis XIII, le jeune duc d'Enghien remporte à Rocroi une victoire fulgurante sur les Tercios espagnols réputés invincibles depuis un siècle. Cette bataille consacre la fin de l'hégémonie militaire espagnole et fait entrer la France dans son rang de première puissance militaire d'Europe. Suivent Fribourg (3 août 1644) et Nördlingen (3 août 1645) avec Turenne, puis Lens (20 août 1648), qui précipite les traités de Westphalie.

La Fronde brise sa carrière. Soutien de la cour en 1649, emprisonné à Vincennes en janvier 1650 par Mazarin, libéré, il bascule en 1651 dans la Fronde des princes et passe au service de l'Espagne (1652-1659). Vaincu par Turenne aux Dunes en 1658, il est pardonné par Louis XIV à la paix des Pyrénées (7 novembre 1659) et rentre en grâce.

Pendant la guerre de Hollande, il remporte la sanglante victoire de Seneffe (11 août 1674) contre Guillaume d'Orange et reprend le commandement du Rhin après la mort de Turenne en 1675. Il se retire alors à Chantilly, qu'il transforme avec Le Nôtre en l'une des plus belles résidences d'Europe, et y reçoit Molière, Racine, La Bruyère et Bossuet. Il meurt à Fontainebleau le 11 décembre 1686, en présence du roi.

Peinture de la bataille de Rocroi en 1643
La bataille de Rocroi, 19 mai 1643 : victoire fondatrice du jeune duc d'Enghien, futur Grand Condé, François-Joseph Heim (1834) ou anonyme XVIIe · Public Domain.

Carrière militaire et faits d'armes

Avec Turenne, le Grand Condé domine l'art militaire français du XVIIe siècle. Il en représente le pôle fougueux, la charge décisive, l'audace tactique, le coup d'œil, face au stratège méthodique. Rocroi reste l'une des batailles fondatrices de l'identité militaire française : Bossuet en fera le sommet de son Oraison funèbre prononcée à Notre-Dame de Paris le 10 mars 1687, considérée comme le chef-d'œuvre absolu de l'éloquence française.

Son château de Chantilly, légué à l'Institut de France par le duc d'Aumale, abrite aujourd'hui le musée Condé et l'une des plus riches collections d'art ancien d'Europe. Le souvenir de l'illustre prince y est entretenu comme celui d'un mécène autant que d'un capitaine.

Chronologie militaire

  • 1643-05-19, Bataille de Rocroi : à 21 ans, écrase l'infanterie espagnole réputée invincible (jour de la mort de Louis XIII).
  • 1644-08-03, Victoire de Fribourg avec Turenne contre les Bavarois.
  • 1645-08-03, Victoire de Nördlingen, achevant la suprématie française dans la guerre de Trente Ans.
  • 1648-08-20, Victoire de Lens, qui précipite les traités de Westphalie.
  • 1649-1650, Soutient la cour pendant la Fronde parlementaire ; emprisonné en janvier 1650.
  • 1651-1659, Fronde des princes : passe au service de l'Espagne contre la France ; condamné pour trahison.
  • 1659-11-07, Pardonné par Louis XIV à la paix des Pyrénées ; rentre en grâce.
  • 1672-1674, Campagnes de Hollande : victoire de Seneffe (1674) contre Guillaume d'Orange.
  • 1675, Reprend le commandement du Rhin après la mort de Turenne, puis se retire à Chantilly.
Portrait du Grand Condé devant le champ de bataille de Rocroi
Le Grand Condé devant le champ de bataille de Rocroi (1643), portrait par Justus van Egmont, Justus van Egmont (1601-1674) · Public Domain.

Héritage et mémoire nationale

Plus grand capitaine français du XVIIe siècle avec Turenne, le Grand Condé incarne le génie militaire fougueux par opposition au stratège méthodique. Mécène des Lumières naissantes à Chantilly (Molière, La Bruyère, Racine). Bossuet immortalise sa mémoire dans la plus célèbre oraison funèbre de la langue française (1687).

« Au moment que je veux annoncer comme il est mort, se trouve aussi le moment fatal où je meurs aux honneurs de la chaire. »

, Bossuet, Oraison funèbre de Louis de Bourbon, Notre-Dame de Paris, 10 mars 1687

Lieux de mémoire à visiter

65 ans durée de vie
9 événements majeurs documentés
Lieutenant général puis chef des armées royales grade le plus élevé
5 lieux de mémoire
  • Château de Chantilly (résidence et œuvre architecturale, jardins de Le Nôtre)
  • Rocroi (Ardennes, victoire fondatrice de 1643)
  • Vincennes (lieu de son emprisonnement 1650-1651)
  • Fontainebleau (lieu de mort)
  • Saint-Denis (sépulture)

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Questions fréquentes sur Le Grand Condé

Pourquoi Rocroi est-elle si importante ?

Le 19 mai 1643, la victoire de Condé sur les Tercios espagnols détruit l'armée d'élite de Philippe IV et met fin à plus d'un siècle d'hégémonie militaire espagnole en Europe. Elle inaugure la suprématie militaire française qui se prolongera jusqu'à 1815.

Pourquoi Condé a-t-il trahi le roi ?

Humilié par son emprisonnement de 1650-1651 sous Mazarin, écarté du pouvoir, il rejoint en 1651 la Fronde des princes puis se met au service de l'Espagne en 1652. Condamné à mort par contumace en 1654, il fut amnistié à la paix des Pyrénées en 1659.

Quel rôle eut Bossuet auprès de Condé ?

Bossuet fut son ami et son confesseur. Il prononça son immortelle Oraison funèbre à Notre-Dame de Paris le 10 mars 1687 : « Au moment que je veux annoncer comme il est mort se trouve aussi le moment fatal où je meurs aux honneurs de la chaire ».

Pourquoi appelle-t-on son château « Chantilly » ?

Le château de Chantilly (Oise), hérité par Condé en 1643, fut agrandi avec des jardins dessinés par Le Nôtre. Lieu de ses retraites après 1675, il y reçut Molière (Tartuffe y fut représenté), Racine, La Bruyère (précepteur de son petit-fils), Bossuet et Madame de Sévigné.

Sources et pour aller plus loin

  • Wikipédia, Louis II de Bourbon, prince de Condé, dit le Grand Condé.
  • Bossuet, Oraison funèbre de Louis de Bourbon, prince de Condé (10 mars 1687).
  • Katia Béguin, Les princes de Condé. Rebelles, courtisans et mécènes dans la France du Grand Siècle, Champ Vallon, 1999.
  • Article « Louis II de Bourbon-Condé », Wikipédia.