Paul-Louis-Charles-Marie Claudel
Biographie de Paul Claudel
Né le 6 août 1868 à Villeneuve-sur-Fère, dans l'Aisne, Paul Claudel est le frère cadet de la sculptrice Camille Claudel. Élève brillant au lycée Louis-le-Grand, il y subit la culture positiviste et matérialiste de son temps avec un dégoût croissant. La lecture de Rimbaud en 1886 le bouleverse : « Comme un coup de poing dans l'estomac. »
Le 25 décembre 1886, lors des vêpres de Noël à Notre-Dame de Paris, alors qu'il assiste en spectateur sceptique au Magnificat chanté à la maîtrise, Claudel reçoit la grâce d'une conversion foudroyante près du second pilier de l'entrée du chœur. Il en datera lui-même sa vie spirituelle. Il met cependant quatre années de combat avant de se confesser et de communier de nouveau, à Notre-Dame, le jour de Noël 1890.
Reçu premier au concours des Affaires étrangères en 1890, il mène une longue carrière diplomatique : vice-consul à New York (1893), Boston, puis consul en Chine (1895-1909, à Shanghai, Fou-Tchéou, Tien-Tsin, Pékin), au Japon, à Prague, Francfort, Rome, Rio de Janeiro, Copenhague, Tokyo, Washington, Bruxelles. Sa carrière s'achève comme ambassadeur. Marié en 1906 à Reine Sainte-Marie-Perrin, il est père de cinq enfants.
Son œuvre dramatique et poétique est immense : Tête d'Or (1890), L'Annonce faite à Marie (1912), Partage de midi (1906), Le Soulier de satin (1929), Cinq grandes Odes (1910). Élu à l'Académie française le 4 avril 1946 au fauteuil 13, il y est reçu par François Mauriac le 13 mars 1947. Il meurt à Paris le 23 février 1955, à 86 ans, et reçoit des obsèques nationales à Notre-Dame.
Œuvre et parcours littéraire
L'œuvre de Claudel est la grande cathédrale poétique du XXᵉ siècle catholique : drame total dans Le Soulier de satin, lyrisme cosmique dans les Cinq grandes Odes, méditation biblique permanente (commentaires scripturaires monumentaux). Sa versification fondée sur le verset, libérée de la prosodie classique, refonde la poésie française moderne dans une amplitude liturgique.
Diplomate parcourant le monde, Claudel a fait entrer dans la littérature française la Chine impériale (Connaissance de l'Est, 1900) et le Japon (L'Oiseau noir dans le Soleil levant, 1927). Honegger met en musique Jeanne au bûcher sur son livret en 1935. Le pape François comme Benoît XVI l'ont régulièrement cité comme une référence majeure de la culture catholique mondiale.
Œuvres majeures
- Tête d'or (1890)
- Partage de midi (1906)
- L'Annonce faite à Marie (1912)
- Cinq grandes odes (1910)
- Le Soulier de satin (1929)
Héritage et postérité littéraire
Géant du XXᵉ siècle catholique, Claudel impose au théâtre français une dramaturgie cosmique et liturgique qui rejoint Shakespeare et le drame baroque espagnol. Le Soulier de satin, monté par Jean-Louis Barrault à la Comédie-Française en 1943, scelle sa consécration nationale. Il convertit Jacques Rivière, soutient Massignon dans son orientalisme spirituel, et marque durablement Mauriac, Bernanos, Pierre Emmanuel et Pierre Boutang. Diplomate sur quatre continents, il infuse sa poétique dans la modernité (Honegger met en musique Jeanne au bûcher en 1938). Sa lecture figurale de l'Écriture inspire la nouvelle théologie (de Lubac, Daniélou, Balthasar) et fait de lui le pivot esthétique du catholicisme français contemporain.
« En un instant mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d'une telle force d'adhésion, d'un tel soulèvement de tout mon être, d'une conviction si puissante. »
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Questions fréquentes sur Paul Claudel
Comment Paul Claudel s'est-il converti ?
Le 25 décembre 1886, lors des vêpres de Noël à Notre-Dame de Paris, écoutant le Magnificat chanté par la maîtrise près du second pilier de l'entrée du chœur côté sacristie, Claudel, alors âgé de dix-huit ans et incroyant, reçut une grâce soudaine de foi qu'il décrira dans Ma conversion (1913).
Quand Claudel est-il entré à l'Académie française ?
Élu le 4 avril 1946 au fauteuil 13 (succession de Louis Gillet), il fut reçu sous la Coupole par François Mauriac le 13 mars 1947. La même année 1946 vit aussi l'élection de son ami Étienne Gilson au fauteuil 32.
Quel rapport entretenait-il avec sa sœur Camille ?
Tendre puis tragique. Paul fut le confident artistique de Camille Claudel jusqu'à l'internement de cette dernière en mars 1913. Lui-même éprouvait un mélange de culpabilité et d'impuissance face à sa maladie. Il lui rendit régulièrement visite à Montdevergues (Vaucluse) jusqu'à sa mort en 1943.
Sources et pour aller plus loin
- Gérald Antoine, Paul Claudel ou l'Enfer du génie, Robert Laffont, 1988.
- Dominique Millet-Gérard, Claudel thomiste ?, Honoré Champion, 1999.
- Article « Paul Claudel », Wikipédia (fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Claudel).
- Pierre-Henri Simon, Histoire de la littérature française au XXᵉ siècle, Armand Colin, 1956.
- Henri Brémond, Histoire littéraire du sentiment religieux en France, Bloud & Gay, 1916-1933.
- Gérald Antoine, Paul Claudel ou l'Enfer du génie, Robert Laffont, 1988.