Henri Bordeaux

Portrait de Henri Bordeaux
Portrait de Henri Bordeaux, Agence de presse Meurisse · Public domain.

Biographie de Henri Bordeaux

Né le 25 janvier 1870 à Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie, Henri Bordeaux appartient à une famille catholique de la moyenne bourgeoisie savoyarde. Avocat à Thonon puis à Paris, il abandonne le barreau en 1900 pour la littérature. Sa Savoie natale, ses lacs (Léman, Annecy, Bourget), ses montagnes constituent dès l'origine la matière première de son œuvre.

Son premier grand succès est La Peur de vivre (1902), suivi des Roquevillard (1906), fresque familiale qui donne son ton à toute son œuvre : exaltation de la famille traditionnelle, du foyer, des terres patrimoniales, de la fidélité conjugale, du devoir face aux séductions de l'individualisme. Les romans des montagnes (La Croisée des chemins, 1909 ; La Neige sur les pas, 1912) connaissent un immense succès auprès du public catholique.

Élu à l'Académie française le 22 mai 1919 au fauteuil 30 (succession d'Albert de Mun), à 49 ans, il y est reçu par Maurice Donnay le 18 décembre 1919. C'est l'un des premiers académiciens issus de la Renaissance catholique à entrer sous la Coupole après la Première Guerre mondiale, ouvrant la voie aux Mauriac (1933), Claudel (1946) et Daniel-Rops (1955).

Il publie au total plus de quatre-vingts romans et de nombreux essais (Les Pierres du foyer, Les Écrivains et les mœurs). Pendant la guerre de 1914-1918, il sert comme officier de liaison et publie Les derniers jours du Fort de Vaux (1916), témoignage majeur de Verdun. Très lu sous la IIIᵉ République, sa cote baisse fortement après 1945. Il meurt à Paris le 29 mars 1963, à 93 ans.

Henri Bordeaux arrivant à l Académie française, 27 mai 1920
Henri Bordeaux à son entrée à l Académie française (27 mai 1920, agence Meurisse), Agence Rol · Public domain.

Œuvre et parcours littéraire

L'œuvre romanesque d'Henri Bordeaux est la grande chronique de la famille catholique de province au tournant du XXᵉ siècle : Savoie, Dauphiné, montagne. La Peur de vivre (1902), Les Roquevillard (1906), La Croisée des chemins (1909) en restent les sommets. Sa morale, explicitement traditionaliste, oppose la continuité familiale aux séductions de la ville et du divorce.

Auteur immensément populaire entre 1900 et 1939, Bordeaux est aussi un témoin essentiel de Verdun avec Les derniers jours du Fort de Vaux (1916), récit de la défense héroïque du commandant Raynal, devenu un classique de la littérature de guerre. Sa réception académique, le 18 décembre 1919, marque la reconnaissance officielle du roman catholique régionaliste par l'institution littéraire française.

Œuvres majeures

  • Les Roquevillard (1906)
  • La Peur de vivre (1902)
  • La Maison (1913)
  • Yamilé sous les cèdres (1923)
  • La Neige sur les pas (1912)
Henri Bordeaux à sa maison du Maupas en 1957
Henri Bordeaux au domaine du Maupas (1957), Marc.stra · CC BY-SA 3.0.

Héritage et postérité littéraire

Romancier de la Savoie et de la famille chrétienne, Henri Bordeaux fut l'un des écrivains français les plus lus du premier XXᵉ siècle, traduit en vingt langues. Son cycle savoyard fixe une mémoire littéraire de la montagne (Mont-Blanc, lac Léman, Chablais) qui inspire encore Roger Frison-Roche et Maurice Genevoix. Défenseur de l'idéal familial et de l'enracinement provincial, il publie soixante volumes et quarante essais biographiques (Joseph de Maistre, sainte Chantal, Lyautey). Son académisme et son catholicisme intransigeant lui valent d'être éclipsé après-guerre, mais il demeure un témoin majeur de la sensibilité catholique conservatrice et le grand mémorialiste de la Savoie spirituelle, à travers ses Histoire d'une vie en treize volumes.

« Une famille n'est pas un héritage, c'est une œuvre à construire. »

, Henri Bordeaux, Les Pierres du foyer, Plon, 1918

Repères chiffrés

93 ans durée de vie
5 œuvres majeures
3 amitiés littéraires clés
Renaissance cathol… mouvement principal

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Questions fréquentes sur Henri Bordeaux

Pourquoi Henri Bordeaux est-il moins lu aujourd'hui ?

Sa morale familiale traditionnelle, son catholicisme social et son adhésion à Vichy en 1940-1942 (qu'il modéra ensuite) ont marginalisé son œuvre après 1945. Mais ses romans savoyards (Les Roquevillard, La Peur de vivre) restent prisés des lecteurs catholiques de tradition et des amateurs de littérature alpine.

Quand est-il entré à l'Académie française ?

Élu le 22 mai 1919 au fauteuil 30 (succession du comte Albert de Mun, mort en 1914), il fut reçu sous la Coupole par Maurice Donnay le 18 décembre 1919. Il est l'un des premiers de la « génération de la Renaissance catholique » à entrer à l'Académie.

Qu'a-t-il écrit sur Verdun ?

Officier de liaison en 1916, il rédige Les derniers jours du Fort de Vaux (Plon, 1916) à partir des témoignages directs du commandant Raynal et de ses survivants. Le livre, immense succès, devient l'un des récits canoniques de la défense de Verdun et sera distribué à l'armée.

Sources et pour aller plus loin

  • Christian Sorrel, Henri Bordeaux. Un romancier de la Savoie, Académie de Savoie, 2003.
  • Hervé Serry, Naissance de l'intellectuel catholique, La Découverte, 2004.
  • Article « Henri Bordeaux », Wikipédia (fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bordeaux_(écrivain)).
  • Pierre-Henri Simon, Histoire de la littérature française au XXᵉ siècle, Armand Colin, 1956.
  • Henri Brémond, Histoire littéraire du sentiment religieux en France, Bloud & Gay, 1916-1933.
  • Jean Mauduit, Henri Bordeaux ou la leçon de la montagne, La Fontaine de Siloé, 1995.