Cocathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation de Bourg-en-Bresse : flamboyant 1505, voisine de Brou
Cocathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation de Bourg-en-Bresse en bref
- Dénomination : cathédrale catholique
- Commune : Bourg-en-Bresse (01, Auvergne-Rhône-Alpes)
- Siècle principal : XVIe-XVIIe
- Architecte(s) : Maîtres d'œuvre anonymes (XVIe-XVIIe)
- Style : Gothique flamboyant (intérieur), Renaissance et classique (extérieur)
- Protection : Classée MH 1914
- UNESCO : Non inscrite UNESCO. Ne pas confondre avec le monastère royal de Brou (1505-1532), autre édifice gothique flamboyant de Bourg-en-Bresse abritant les sépultures de Marguerite d'Autriche, Philibert le Beau et Marguerite de Bourbon.
- Coordonnées GPS : 46.20572, 5.22731
- Cocathédrale : Érigée le 3 mai 1992, décret du 20 août 1990
- Diocèse : Belley-Ars, renommé en 1988, ancien diocèse de Belley
Sources : base Mérimée (PA00116321), Wikidata (Q2980998). Ministère de la Culture, licence ouverte.
Histoire de Cocathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation de Bourg-en-Bresse
L'église Notre-Dame-de-l'Annonciation de Bourg-en-Bresse fut entreprise au début du XVIe siècle, à l'époque où la ville, capitale de la Bresse savoyarde, connaissait un essor démographique et économique remarquable sous l'autorité des ducs de Savoie. La construction de la nef gothique flamboyant commença vers 1505, contemporaine du chantier voisin du monastère royal de Brou élevé à quatre kilomètres par Marguerite d'Autriche entre 1506 et 1532 (voir fiche Brou). Les deux édifices participent du même moment artistique, celui du flamboyant tardif d'inspiration franco-flamande, mais Notre-Dame demeure plus modeste et mit plus d'un siècle à être achevée. Les parties extérieures, façade, clocher, élévations hautes, relèvent ainsi de campagnes Renaissance et classiques des XVIe et XVIIe siècles, conférant à l'édifice un aspect composite.
Pendant près de cinq siècles, l'église demeura simple paroissiale du diocèse de Lyon, puis du diocèse de Belley rétabli en 1822. La situation changea à la fin du XXe siècle : le diocèse fut renommé « diocèse de Belley-Ars » en 1988 pour intégrer la dimension spirituelle de saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars. Surtout, par décret du 20 août 1990, le Saint-Siège décida l'érection de Notre-Dame-de-l'Annonciation en cocathédrale aux côtés de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Belley, érection effective le 3 mai 1992. Cette promotion reconnaissait le poids démographique et administratif de Bourg-en-Bresse, préfecture de l'Ain, supérieur à celui de Belley.
Cocathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation de Bourg-en-Bresse
- Adresse : Place Clemenceau, 01000 Bourg-en-Bresse, Voir sur la carte
- Construction : XVIe-XVIIe
- Protection : Classée MH 1914
- Statut juridique : propriété de l'État (cathédrale en exercice)
- Affectataire : Diocèse de Belley-Ars
- UNESCO : Non inscrite UNESCO. Ne pas confondre avec le monastère royal de Brou (1505-1532), autre édifice gothique flamboyant de Bourg-en-Bresse abritant les sépultures de Marguerite d'Autriche, Philibert le Beau et Marguerite de Bourbon.
Architecture et description
L'édifice présente un contraste saisissant entre son intérieur et ses extérieurs, fruit de campagnes de construction étalées sur plus d'un siècle et demi. La nef intérieure, achevée vers 1505, déploie un parti gothique flamboyant caractéristique du début du XVIe siècle bressan : voûtes sur croisée d'ogives à liernes et tiercerons, piliers à colonnettes engagées, fenêtres hautes à remplages flamboyants en flammèches. Le chœur, terminé dans le même esprit, conserve ses stalles de chanoines en chêne sculpté du XVIe siècle, ornées de miséricordes figurées. Les élévations extérieures en revanche, achevées plus tardivement, mêlent vocabulaire Renaissance, pilastres, frises à rinceaux, frontons, et parti classique dans la façade occidentale et le clocher, terminés au XVIIe siècle. Cette dualité stylistique, fréquente dans les édifices bressans tardivement achevés, illustre la transition entre le flamboyant finissant et les nouvelles esthétiques d'origine italienne. Le chevet à pans coupés, encadré de chapelles rayonnantes, et les arcs-boutants visibles soutenant les voûtes hautes complètent l'extérieur. À quatre kilomètres seulement, le monastère royal de Brou offre un point de comparaison pour mesurer l'évolution stylistique du flamboyant bressan.
Éléments remarquables
Le mobilier de la cocathédrale témoigne de la richesse artistique de la Bresse moderne. Les stalles de chanoines en chêne sculpté, exécutées dans le premier tiers du XVIe siècle, comptent parmi les plus belles ensembles bressans avec celles de Brou : miséricordes figurées, dorsaux historiés et accoudoirs sculptés y déploient un répertoire d'une grande inventivité. Le maître-autel, œuvre classique remaniée aux XVIIe et XVIIIe siècles, occupe le chœur. Le retable de la chapelle Notre-Dame, en bois polychrome, présente une Annonciation centrale entourée de scènes mariales. Les vitraux, partiellement anciens et pour le reste posés au XIXe siècle, déploient un cycle iconographique consacré aux saints du diocèse et aux scènes de la vie du Christ. La chaire à prêcher classique, en bois sculpté, conserve les évangélistes sur ses panneaux. Plusieurs statues des XVe-XVIIe siècles peuplent les chapelles latérales, dont une remarquable Vierge à l'Enfant du XVe et un saint Sébastien Renaissance. Le grand orgue de tribune, instrument du XVIIIe siècle reconstruit ultérieurement, accompagne les célébrations cocathédrales. L'ensemble dialogue artistiquement avec le programme du monastère voisin de Brou.
Informations pratiques pour la visite
- Adresse : Place Clemenceau, 01000 Bourg-en-Bresse
- GPS : 46.20572, 5.22731
- Protection : Classée MH 1914, affectataire : Diocèse de Belley-Ars
- Accès : ouverte à la visite libre hors offices ; horaires affichés sur le portail principal et site officiel du diocèse.
La visite se prolonge impérativement par le monastère royal de Brou (4 km), chef-d'œuvre absolu du gothique flamboyant élevé par Marguerite d'Autriche entre 1506 et 1532. Le centre historique de Bourg-en-Bresse offre par ailleurs maisons à colombages et hôtels Renaissance bressans.
Événements patrimoine à proximité
- Érection en cocathédrale, Décret romain du 20 août 1990, érection effective le 3 mai 1992.
- Renommage diocésain, Le diocèse de Belley devient « Belley-Ars » en 1988 en hommage à saint Jean-Marie Vianney.
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Questions fréquentes sur Cocathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation de Bourg-en-Bresse
Quand Notre-Dame est-elle devenue cocathédrale ?
Notre-Dame-de-l'Annonciation a été érigée cocathédrale du diocèse de Belley-Ars par décret romain du 20 août 1990, l'érection effective ayant été célébrée le 3 mai 1992. Cette décision reconnaissait le poids démographique et administratif de Bourg-en-Bresse, préfecture du département de l'Ain depuis 1790, très supérieur à celui de Belley qui demeure néanmoins siège titulaire principal. Le diocèse compte ainsi deux cathédrales : Saint-Jean-Baptiste de Belley et Notre-Dame de Bourg-en-Bresse, situation canoniquement régulière dite de « cocathédralité ».
Pourquoi le diocèse s'appelle-t-il « Belley-Ars » ?
Le diocèse de Belley a été renommé « diocèse de Belley-Ars » en 1988 pour intégrer dans son intitulé officiel la mémoire spirituelle de saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars (1786-1859), figure majeure du catholicisme français du XIXe siècle, canonisé en 1925 et patron des prêtres. Le sanctuaire d'Ars, situé sur le territoire diocésain, attire un pèlerinage international permanent. Cette dénomination composée traduit la volonté ecclésiastique de souligner le rayonnement spirituel particulier d'Ars.
Quel rapport avec le monastère de Brou ?
Le monastère royal de Brou, élevé à quatre kilomètres seulement de la cocathédrale entre 1506 et 1532 par Marguerite d'Autriche en mémoire de son époux Philibert le Beau, est rigoureusement contemporain de la nef gothique flamboyant de Notre-Dame, achevée vers 1505. Les deux édifices participent du même moment artistique bressan, mais Brou, financé par la fortune des Habsbourg, atteint une perfection ornementale incomparable. La visite des deux ensembles est complémentaire et indispensable.
De quand date l'intérieur gothique flamboyant ?
La nef gothique flamboyant intérieure de la cocathédrale a été achevée vers 1505, soit juste avant le chantier voisin du monastère royal de Brou commencé en 1506. Elle déploie un parti caractéristique du flamboyant tardif bressan : voûtes sur croisée d'ogives à liernes et tiercerons, piliers à colonnettes engagées, remplages en flammèches aux fenêtres hautes. Les parties extérieures, achevées au XVIIe siècle, relèvent en revanche de l'esthétique Renaissance et classique.
Que voir à proximité ?
La visite du monastère royal de Brou s'impose absolument à quatre kilomètres : église gothique flamboyant 1506-1532, tombeaux de Marguerite d'Autriche, Philibert le Beau et Marguerite de Bourbon, vitraux Renaissance, jubé sculpté. Le centre historique de Bourg-en-Bresse offre par ailleurs maisons à colombages, hôtels Renaissance bressans, et le musée monastère de Brou complète la découverte artistique du territoire.
Sources
- Base Mérimée, notice PA00116321, Ministère de la Culture, licence ouverte.
- Wikidata, Q2980998 (Cocathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation de Bourg-en-Bresse).
- Wikipédia, Cocathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation de Bourg-en-Bresse.