Cathédrale Saint-Louis-des-Invalides : classique Grand Siècle (Bruant, Hardouin-Mansart), diocèse aux Armées 1986

Façade nord de la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides (Église des Soldats) avec le dôme attenant en arrière-plan
L'Église des Soldats, avec le dôme des Invalides en arrière-plan. Photo Louis Barret, CC0, via Wikimedia Commons.

Cathédrale Saint-Louis-des-Invalides en bref

  • Dénomination : cathédrale catholique
  • Commune : Paris (75, Île-de-France)
  • Siècle principal : XVIIe
  • Architecte(s) : Libéral Bruant (conception), Jules Hardouin-Mansart (construction à partir de 1676)
  • Style : Classique (Grand Siècle)
  • Protection : Classée MH (au titre de l'Hôtel des Invalides)
  • UNESCO : Non inscrite UNESCO. Désignée cathédrale du diocèse aux Armées françaises le 21 juillet 1986, suite à la constitution apostolique Spirituali militum curae de Jean-Paul II du 21 avril 1986. NE PAS confondre avec l'église du Dôme attenante (édifice de Hardouin-Mansart abritant le tombeau de Napoléon Ier depuis 1840) : Saint-Louis-des-Invalides est l'Église des Soldats, ouverte au culte dès 1679.
  • Coordonnées GPS : 48.85550, 2.31245
  • Architectes : Libéral Bruant 1670, Jules Hardouin-Mansart à partir de 1676
  • Diocèse : Cathédrale du diocèse aux Armées depuis le 21 juillet 1986

Sources : base Mérimée (PA00088714), Wikidata (Q4992220). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Cathédrale Saint-Louis-des-Invalides

La Cathédrale Saint-Louis-des-Invalides s'inscrit dans le vaste programme de l'Hôtel des Invalides voulu par Louis XIV à partir de 1670 pour accueillir les soldats invalides et vétérans de ses armées. Pensée comme l'église des soldats au sein de l'institution royale, elle fut conçue par Libéral Bruant, architecte de l'ensemble de l'Hôtel, qui en dressa les plans dès 1670. La construction effective débuta sous la direction de Jules Hardouin-Mansart, premier architecte du roi, à partir de 1676, et fut menée selon un parti classique d'une grande rigueur. L'église des soldats, à plan basilical et nef longitudinale, fut consacrée en 1679 ; le Dôme royal qui la prolonge, chef-d'œuvre absolu du Grand Siècle, fut achevé en 1706.

L'édifice connut une seconde naissance historique le 15 décembre 1840 avec le retour des cendres de Napoléon Ier depuis Sainte-Hélène : le tombeau monumental de l'Empereur, conçu par l'architecte Visconti et inauguré en 1861, occupe désormais la crypte du Dôme. Mais la promotion canonique majeure de l'édifice survint un siècle et demi plus tard : par la constitution apostolique Spirituali militum curae du 21 juillet 1986, le pape Jean-Paul II érigea le diocèse aux Armées françaises et désigna Saint-Louis-des-Invalides comme sa cathédrale. Cette décision dotait l'aumônerie militaire française, héritière d'une tradition séculaire, d'une organisation diocésaine régulière comparable à celle des autres pays catholiques, avec un évêque aux Armées et une circonscription propre couvrant l'ensemble des forces armées (voir fiche Notre-Dame de Paris pour le contexte parisien).

Cathédrale Saint-Louis-des-Invalides

  • Adresse : 129 rue de Grenelle, 75007 Paris (Hôtel des Invalides), Voir sur la carte
  • Construction : XVIIe
  • Protection : Classée MH (au titre de l'Hôtel des Invalides)
  • Statut juridique : propriété de l'État (cathédrale en exercice)
  • Affectataire : Diocèse aux Armées françaises
  • UNESCO : Non inscrite UNESCO. Désignée cathédrale du diocèse aux Armées françaises le 21 juillet 1986, suite à la constitution apostolique Spirituali militum curae de Jean-Paul II du 21 avril 1986. NE PAS confondre avec l'église du Dôme attenante (édifice de Hardouin-Mansart abritant le tombeau de Napoléon Ier depuis 1840) : Saint-Louis-des-Invalides est l'Église des Soldats, ouverte au culte dès 1679.

Architecture et description

Nef classique de la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides ornée de drapeaux suspendus aux voûtes
La nef classique et les drapeaux pris à l'ennemi suspendus aux voûtes. Photo Velvet, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

L'ensemble formé par l'église des soldats et le Dôme royal constitue l'un des chefs-d'œuvre absolus de l'architecture classique française du Grand Siècle. La cathédrale Saint-Louis proprement dite, dite « église des soldats », adopte un plan basilical à trois nefs conçu par Libéral Bruant en 1670 : nef centrale longitudinale, bas-côtés voûtés, chœur terminé en hémicycle. Les élévations intérieures, ordonnées par pilastres corinthiens, soutiennent une voûte en berceau à pénétrations rythmée par des arcs doubleaux. Le décor demeure d'une sobriété toute classique, conforme à la fonction militaire de l'édifice. Au revers du chœur, le Dôme royal conçu par Jules Hardouin-Mansart à partir de 1676 et achevé en 1706 constitue l'apothéose architecturale : plan centré en croix grecque, ordre colossal de pilastres, façade scandée de colonnes corinthiennes et composites, et surtout coupole monumentale culminant à cent sept mètres, doublée à l'intérieur d'une seconde calotte peinte par Charles de La Fosse. La coupole extérieure, recouverte de feuilles d'or régulièrement restaurées (dernière dorure 1989), demeure un repère majeur du paysage parisien. L'ensemble illustre la maîtrise technique et la grandeur ordonnée de l'architecture louis-quatorzienne à son apogée.

Éléments remarquables

Grand orgue de tribune de la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides à Paris
Le grand orgue de tribune de la cathédrale aux Armées. Photo Thesupermat, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Le mobilier et le décor de Saint-Louis-des-Invalides forment un programme d'art militaire et religieux. Le buffet d'orgue de tribune, exécuté par le facteur Alexandre Thierry en 1679-1687 et orné de sculptures de Germain Pilon le Jeune, demeure l'un des plus beaux buffets baroques français : son instrument, plusieurs fois restauré, conserve une partie significative de la tuyauterie originelle. Les drapeaux suspendus dans la nef, près d'une centaine, proviennent des armées napoléoniennes et des conflits ultérieurs : étendards pris à l'ennemi ou drapeaux de régiments dissous, ils confèrent à l'édifice son atmosphère unique. Le maître-autel, refait au XIXe siècle, occupe le chœur surmonté d'un baldaquin à colonnes torses inspiré de celui de Saint-Pierre de Rome. Le tombeau de Napoléon Ier, conçu par Visconti et inauguré en 1861, occupe le centre de la crypte circulaire du Dôme : sarcophage de quartzite rouge sur socle de granit vert, entouré de douze figures de la Victoire sculptées par James Pradier. Autour reposent membres de la famille impériale, maréchaux d'Empire et grandes figures militaires françaises : Foch, Lyautey, Turenne, Vauban. L'ensemble constitue le panthéon militaire de la nation.

Informations pratiques pour la visite

XVIIe siècle de construction principal
21 juillet 1986 constitution apostolique Spirituali militum curae de Jean-Paul II, diocèse aux Armées
1840 retour des cendres de Napoléon Ier depuis Sainte-Hélène, tombeau Visconti 1861
  • Adresse : 129 rue de Grenelle, 75007 Paris (Hôtel des Invalides)
  • GPS : 48.85550, 2.31245
  • Protection : Classée MH (au titre de l'Hôtel des Invalides), affectataire : Diocèse aux Armées françaises
  • Accès : ouverte à la visite libre hors offices ; horaires affichés sur le portail principal et site officiel du diocèse.

L'ensemble des Invalides abrite par ailleurs le Musée de l'Armée, l'un des plus riches musées militaires au monde, le Musée des Plans-Reliefs et le Musée de l'Ordre de la Libération. La visite se prolonge naturellement vers le Champ-de-Mars, l'École militaire et la rive gauche.

Événements patrimoine à proximité

  • Retour des cendres, Translation des restes de Napoléon Ier depuis Sainte-Hélène le 15 décembre 1840.
  • Érection diocésaine, Constitution apostolique Spirituali militum curae de Jean-Paul II du 21 juillet 1986.

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Cathédrale Saint-Louis-des-Invalides

Quand Saint-Louis-des-Invalides est-elle devenue cathédrale ?

Saint-Louis-des-Invalides a été érigée cathédrale par la constitution apostolique Spirituali militum curae du pape Jean-Paul II datée du 21 juillet 1986, qui créait simultanément le diocèse aux Armées françaises. Cette promotion dotait l'aumônerie militaire française, héritière d'une tradition pluriséculaire remontant à l'Ancien Régime, d'une organisation diocésaine régulière comparable à celle des autres pays catholiques. Le diocèse aux Armées couvre l'ensemble des forces armées françaises sous l'autorité d'un évêque aux Armées dont le siège est désormais aux Invalides.

Quelle différence entre l'église des soldats et le Dôme ?

L'ensemble des Invalides comporte deux églises distinctes mais accolées dos à dos : l'église Saint-Louis, dite « église des soldats », à plan basilical longitudinal, conçue par Libéral Bruant et destinée aux pensionnaires de l'Hôtel ; et le Dôme royal, à plan centré, conçu par Jules Hardouin-Mansart à partir de 1676 et réservé à la cour. Le tombeau de Napoléon occupe la crypte du Dôme. La cathédrale du diocèse aux Armées correspond à l'église Saint-Louis.

Quand le tombeau de Napoléon a-t-il été installé ?

Les restes mortels de Napoléon Ier furent ramenés de Sainte-Hélène par la frégate La Belle Poule lors du « retour des cendres » et déposés aux Invalides le 15 décembre 1840 par décision du roi Louis-Philippe. Le tombeau monumental définitif, conçu par l'architecte Louis Visconti, fut inauguré le 2 avril 1861 sous le Second Empire : sarcophage de quartzite rouge de Carélie sur socle de granit vert des Vosges, entouré de douze figures de la Victoire sculptées par James Pradier.

Qui sont les architectes des Invalides ?

Le projet général de l'Hôtel des Invalides revient à Libéral Bruant, architecte du roi, qui dressa les plans dès 1670 et conçut l'église Saint-Louis. La construction effective de l'église, et surtout la conception du Dôme royal achevé en 1706, furent confiées à Jules Hardouin-Mansart, premier architecte de Louis XIV et neveu de François Mansart, à partir de 1676. Le Dôme constitue l'un des chefs-d'œuvre absolus de l'architecture classique française du Grand Siècle.

Que voir à proximité des Invalides ?

Le site des Invalides abrite le Musée de l'Armée, collections d'armes anciennes et modernes, salle Vauban, salles napoléoniennes, le Musée des Plans-Reliefs et le Musée de l'Ordre de la Libération. À proximité immédiate : le Champ-de-Mars, l'École militaire de Gabriel, le pont Alexandre-III, le Petit et le Grand Palais. La cathédrale Notre-Dame de Paris, siège de l'archevêque, complète logiquement la découverte ecclésiastique parisienne (voir fiche).

Sources