Cathédrale Saint-Étienne de Metz : Lanterne du Bon Dieu, 6 500 m² de vitraux dont Chagall

Façade nord de la cathédrale Saint-Étienne de Metz, vue depuis les berges de la Moselle au niveau de la place de la Préfecture.
La cathédrale Saint-Étienne de Metz vue depuis la Moselle. Photo Tertulien, CC BY-SA 2.5, via Wikimedia Commons.

Cathédrale Saint-Étienne de Metz en bref

  • Dénomination : cathédrale catholique
  • Commune : Metz (57, Grand Est)
  • Siècle principal : XIIIe-XVIe
  • Architecte(s) : Pierre Perrat, Paul Tornow
  • Style : Gothique rayonnant et flamboyant
  • Protection : Classée Monument Historique 1930
  • Coordonnées GPS : 49.12028, 6.17556
  • Surnom : « La Lanterne du Bon Dieu » — 6 500 m² de vitraux (la plus vaste verrière gothique au monde)
  • Hauteur sous voûte : 41,41 m — troisième plus haute nef gothique de France après Beauvais et Amiens

Sources : base Mérimée (PA00106817), Wikidata (Q671066). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Cathédrale Saint-Étienne de Metz

L'évêché de Metz remonte au IIIe siècle, au cœur de la Lorraine gallo-romaine. La cathédrale actuelle est née de la fusion de deux édifices antérieurs juxtaposés : la collégiale Notre-Dame-la-Ronde (Xe siècle) et l'ancienne cathédrale Saint-Étienne (Xe siècle aussi). Le chantier de l'unification gothique commence vers 1240 sous l'évêque Jacques de Lorraine et se poursuit pendant trois siècles. Pierre Perrat (architecte vers 1359-1400) achève la jonction des deux édifices et donne à l'ensemble sa cohérence gothique rayonnante. Les voûtes sont posées entre 1380 et 1480 ; la consécration finale a lieu en 1552.

Au XIXe siècle, l'architecte allemand Paul Tornow (1839-1921) restaure la cathédrale pendant l'annexion allemande de 1871-1918, complétant la grande tour de la Mutte (90 m, surnom du gros bourdon de 11 tonnes). Au XXe siècle, après les destructions de 1944, les vitraux endommagés sont remplacés par une commande exceptionnelle aux peintres modernes : Marc Chagall dessine les verrières du déambulatoire et du transept nord (1958-1968), Jacques Villon et Roger Bissière complètent l'ensemble. La cathédrale conserve aussi des vitraux du XIIIe au XVIIe siècle de Hermann de Munster et Valentin Bousch.

Cathédrale Saint-Étienne de Metz

  • Adresse : Place d'Armes, 57000 Metz — Voir sur la carte
  • Construction : XIIIe-XVIe
  • Protection : Classée Monument Historique 1930
  • Statut juridique : propriété de l'État (cathédrale en exercice)
  • Affectataire : Diocèse de Metz

Architecture et description

Vue intérieure de la nef de la cathédrale Saint-Étienne de Metz en direction du chœur, mettant en valeur l'élévation gothique.
La nef gothique de la cathédrale de Metz vers le chœur. Photo Zairon, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Saint-Étienne mesure 123 mètres de long pour 41,41 mètres sous voûte — la troisième plus haute nef gothique de France après Beauvais (48,5 m) et Amiens (42,3 m). La pierre de Jaumont, calcaire jurassique de teinte jaune doré, donne à l'édifice sa luminosité caractéristique. Les baies hautes atteignent 16 mètres de hauteur — les plus grandes verrières gothiques d'Europe — et représentent à elles seules 6 500 m² de vitraux, soit la plus vaste verrière jamais réalisée dans une cathédrale. Le plan témoigne de la fusion : trois nefs gothiques classiques, mais le transept inhabituellement large (32 m) marque la jonction des deux édifices d'origine. La grande rosace occidentale (12 m de diamètre) est l'œuvre d'Hermann de Munster (1384).

Éléments remarquables

Détail sculpté du Portail de la Vierge sur la façade extérieure de la cathédrale Saint-Étienne de Metz.
Détail sculpté du Portail de la Vierge à Metz. Photo Patrick Monchicourt, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.

Les vitraux de Marc Chagall (déambulatoire, 1960-1968) sont l'un des grands chefs-d'œuvre de l'art sacré du XXe siècle : trois verrières représentant la Création, le sacrifice d'Abraham et la rencontre de Jacob et de l'Ange, dans cette palette bleue et rouge inimitable. Avec les vitraux médiévaux d'Hermann de Munster (XIVe), de Théobald de Lixheim (XVe) et de Valentin Bousch (XVIe — chœur), l'ensemble couvre sept siècles d'histoire du vitrail. La chapelle des Évêques abrite des dalles funéraires gothiques. Le Graoully — figurine du dragon vaincu par saint Clément, premier évêque de Metz — est suspendu dans la chapelle Notre-Dame-la-Ronde, témoignage de la légende fondatrice du diocèse.

Informations pratiques pour la visite

XIIIe siècle de construction principal
6 500 m² de vitraux — la plus vaste verrière gothique au monde
Marc Chagall vitraux du déambulatoire 1958-1968
  • Adresse : Place d'Armes, 57000 Metz
  • GPS : 49.12028, 6.17556
  • Protection : Classée Monument Historique 1930 — affectataire : Diocèse de Metz
  • Accès : ouverte à la visite libre hors offices ; horaires affichés sur le portail principal et site officiel du diocèse.

Trésor visible dans la salle capitulaire : reliquaire, ornements épiscopaux, manuscrits liturgiques.

Événements patrimoine à proximité

  • Festival international d'art sacré de Metz — mai-juin chaque année, concerts et expositions dans la cathédrale et autres édifices messins.
  • Mirabelle Festival — fin août — animations dans le centre historique, marché, illuminations sur la cathédrale.

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Cathédrale Saint-Étienne de Metz

Pourquoi Metz est-elle surnommée la « Lanterne du Bon Dieu » ?

Avec ses 6 500 m² de vitraux — la plus vaste verrière gothique au monde — la cathédrale Saint-Étienne baigne dans une lumière colorée d'une intensité unique. Les baies hautes atteignent 16 mètres, et l'ensemble des vitraux du XIIIe au XXe siècle (Hermann de Munster, Valentin Bousch, Marc Chagall) en fait littéralement une lanterne géante visible de loin dans la vieille ville.

Quels vitraux de Chagall peut-on voir à Metz ?

Marc Chagall a dessiné de 1958 à 1968 les vitraux du déambulatoire (trois baies représentant la Création, le sacrifice d'Abraham, le combat de Jacob et de l'Ange) et plusieurs autres dans le transept nord. C'est l'un des plus vastes ensembles civils de Chagall en France après le plafond de l'Opéra Garnier (1964).

La cathédrale de Metz est-elle inscrite à l'UNESCO ?

Non, à titre individuel. Elle figure sur la liste indicative française pour une candidature future, mais n'est pas encore inscrite. Trois sites lorrains sont en revanche inscrits au Patrimoine mondial : la place Stanislas de Nancy, les fortifications Vauban de Longwy, et la basilique Saint-Pierre-aux-Nonnains de Metz fait partie d'une candidature en cours.

Que symbolise le Graoully suspendu dans la cathédrale ?

Le Graoully est un dragon légendaire qui aurait terrorisé Metz au IIIe siècle, vaincu par saint Clément, premier évêque de la ville. La figurine — exposée dans la chapelle Notre-Dame-la-Ronde — symbolise la victoire du christianisme sur le paganisme romain. Elle était portée en procession lors des Rogations jusqu'au XVIIIe siècle.

Que voir à Metz autour de la cathédrale ?

La place d'Armes (XVIIIe, Jacques-François Blondel), le palais épiscopal, la chapelle des Templiers (XIIIe, octogonale rare), la basilique Saint-Pierre-aux-Nonnains (IVe siècle, l'un des plus anciens édifices chrétiens de France encore debout), le Centre Pompidou-Metz (Shigeru Ban, 2010) et l'Esplanade. Metz est à 1 h 25 de Paris en TGV.

Sources