Cathédrale Notre-Dame de Montauban : classique 1692-1739 (d'Orbay et Robert de Cotte), Le Vœu d'Ingres

Façade classique de la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Montauban
Façade classique XVIIe en pierre blanche. Photo MOSSOT, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Montauban en bref

  • Dénomination : cathédrale catholique
  • Commune : Montauban (82, Occitanie)
  • Siècle principal : XVIIe-XVIIIe
  • Architecte(s) : François d'Orbay, Robert de Cotte
  • Style : Classique
  • Protection : Classée monument historique (1906)
  • UNESCO : Non inscrite à l'UNESCO
  • Coordonnées GPS : 44.01833, 1.35500
  • Architectes : François d'Orbay puis Robert de Cotte, 1692-1739
  • Diocèse : Créé 1317 par Jean XXII, restauré 1808

Sources : base Mérimée (PA00095835). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Montauban

Notre-Dame-de-l'Assomption de Montauban naît d'une volonté politique et religieuse explicite : affirmer la présence catholique au cœur d'une cité longtemps acquise au protestantisme. Le diocèse de Montauban avait été créé dès 1317 par le pape Jean XXII, dans le grand mouvement de subdivision diocésaine voulu par la papauté avignonnaise, par démembrement du diocèse de Toulouse. Mais Montauban devint au XVIe siècle l'une des principales places de sûreté huguenotes du royaume, reconnue par l'édit de Nantes en 1598, et la cathédrale médiévale Saint-Jacques fut largement endommagée par les guerres de Religion. Après la révocation de l'édit de Nantes en 1685 et la reddition définitive de la ville, Louis XIV décida l'édification d'une cathédrale neuve, monumentale et catholique, sur un site dégagé hors du centre historique.

Le chantier fut confié en 1692 à François d'Orbay, élève et collaborateur de Jules Hardouin-Mansart, puis poursuivi à partir de 1708 par Robert de Cotte, premier architecte du roi et successeur de Mansart à la surintendance des Bâtiments. La cathédrale fut consacrée en 1739, après près d'un demi-siècle de travaux. Elle constitue l'expression aboutie du classicisme français appliqué à l'édifice cathédral, dans la lignée de Saint-Louis de La Rochelle (voir fiche). Le diocèse, supprimé à la Révolution puis brièvement rattaché à Toulouse, fut rétabli en 1808 sous l'Empire. La cathédrale est protégée au titre des monuments historiques sous la cote PA00095835. Jean-Auguste-Dominique Ingres, né à Montauban en 1780, fut baptisé dans cet édifice ; le musée Ingres-Bourdelle de la ville conserve son fonds d'atelier.

Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Montauban

  • Adresse : Place Roosevelt, 82000 Montauban, Voir sur la carte
  • Construction : XVIIe-XVIIIe
  • Protection : Classée monument historique (1906)
  • Statut juridique : propriété de l'État (cathédrale en exercice)
  • Affectataire : Diocèse de Montauban
  • UNESCO : Non inscrite à l'UNESCO

Architecture et description

Intérieur classique de la cathédrale Notre-Dame de Montauban
Intérieur classique lumineux. Photo Didier Descouens, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Notre-Dame de Montauban incarne avec rigueur les principes du classicisme français de la fin du XVIIe siècle, conçue comme un manifeste architectural face à la ville huguenote. L'édifice présente un plan en croix latine d'une grande clarté, avec une nef de cinq travées flanquée de bas-côtés peu saillants, un transept court et un chevet plat selon la tradition classique. La façade occidentale, dessinée par Robert de Cotte, déploie un puissant portique tétrastyle à colonnes corinthiennes surmonté d'un fronton triangulaire et flanqué de deux tours-clochers jumelles, dans une lecture savante de l'antique romain réinterprétée à la française. Les statues monumentales de la façade, représentant les évangélistes et les apôtres, complètent un programme iconographique destiné à manifester le triomphe catholique. L'élévation intérieure, à un seul niveau, repose sur de robustes piles à pilastres composites portant un entablement classique continu, au-dessus duquel s'élèvent des voûtes en berceau à pénétrations rythmées par des arcs doubleaux. La coupole sur pendentifs qui couronne la croisée du transept apporte une lumière zénithale saisissante. L'emploi de la pierre blanche, contrastant avec la brique caractéristique du Tarn-et-Garonne, renforce l'effet manifestaire de l'édifice dans le tissu urbain montalbanais.

Éléments remarquables

Maître-autel et baldaquin de la cathédrale Notre-Dame de Montauban
Maître-autel et baldaquin baroques. Photo Didier Descouens, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Notre-Dame conserve un ensemble d'œuvres d'art, dominé par le célèbre tableau d'Ingres, Le Vœu de Louis XIII, peint en 1824 pour la cathédrale de Montauban à la commande du gouvernement royal. Cette toile monumentale, qui consacra la gloire d'Ingres au Salon de 1824, représente le roi Louis XIII offrant son sceptre et sa couronne à la Vierge en application du vœu prononcé en 1638 ; l'œuvre puise son inspiration formelle chez Raphaël et constitue l'un des manifestes du néoclassicisme français. Le maître-autel en marbre polychrome, installé au XVIIIe siècle, occupe le chœur surmonté d'un baldaquin classique. Les stalles en bois sculpté, contemporaines de la consécration, déploient un répertoire ornemental Régence. Le grand orgue de tribune, instrument du XVIIIe siècle remanié au XIXe, soutient une saison musicale renommée. Plusieurs tableaux et sculptures des XVIIe-XIXe siècles ornent les chapelles latérales. La cathèdre épiscopale et le mobilier liturgique post-Vatican II complètent l'aménagement. Le trésor conserve pièces d'orfèvrerie, ornements et reliquaires, complétés par les fonds baptismaux où fut baptisé Jean-Auguste-Dominique Ingres en 1780, lien direct entre l'édifice et l'illustre peintre montalbanais.

Informations pratiques pour la visite

XVIIe siècle de construction principal
François d'Orbay & Robert de Cotte architectes de Versailles, chantier classique 1692-1739
Ingres 1824 Le Vœu de Louis XIII, peint pour la cathédrale, Salon 1824, peintre montalbanais
  • Adresse : Place Roosevelt, 82000 Montauban
  • GPS : 44.01833, 1.35500
  • Protection : Classée monument historique (1906), affectataire : Diocèse de Montauban
  • Accès : ouverte à la visite libre hors offices ; horaires affichés sur le portail principal et site officiel du diocèse.

La visite de la cathédrale s'inscrit dans un parcours patrimonial avec le musée Ingres-Bourdelle, installé dans l'ancien palais épiscopal, et la place Nationale aux célèbres arcades de brique du XVIIe siècle. À une demi-heure, l'abbaye de Moissac et son tympan roman classés UNESCO complètent la découverte du Tarn-et-Garonne.

Événements patrimoine à proximité

  • Assomption, Solennité de la Vierge célébrée le 15 août, fête titulaire.
  • Saison d'orgue, Concerts autour de l'instrument du XVIIIe siècle, en été.
  • Commémoration ingresque, Manifestations en lien avec le musée Ingres-Bourdelle, autour de l'anniversaire du peintre.

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Montauban

Pourquoi cette cathédrale fut-elle construite ?

La construction de Notre-Dame fut décidée par Louis XIV après la révocation de l'édit de Nantes en 1685, pour affirmer le triomphe du catholicisme dans une ville qui avait été l'une des principales places de sûreté huguenotes du royaume au XVIIe siècle. La cathédrale médiévale Saint-Jacques avait été largement endommagée pendant les guerres de Religion. Le chantier d'une cathédrale neuve, conçue comme manifeste classique et catholique face au protestantisme montalbanais, fut entrepris à partir de 1692 sur un site dégagé.

Qui a conçu la cathédrale ?

Le projet fut confié en 1692 à François d'Orbay (1634-1697), élève et collaborateur de Jules Hardouin-Mansart à Versailles. Après sa mort, l'œuvre fut poursuivie à partir de 1708 par Robert de Cotte (1656-1735), premier architecte du roi et successeur de Mansart à la surintendance des Bâtiments du roi. La consécration eut lieu en 1739, après près d'un demi-siècle de travaux. Cette filiation fait de Notre-Dame une œuvre majeure du classicisme français.

Quand le diocèse de Montauban fut-il créé ?

Le diocèse fut érigé en 1317 par le pape Jean XXII, dans le grand mouvement de subdivision diocésaine voulu par la papauté avignonnaise, par démembrement du diocèse de Toulouse. Supprimé à la Révolution et brièvement rattaché à Toulouse au début du XIXe siècle, il fut rétabli en 1808 sous l'Empire napoléonien et continue d'exister depuis. Cette ancienneté médiévale en fait l'un des diocèses anciens du Sud-Ouest français.

Quel est le rapport avec Ingres ?

Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), l'un des plus grands peintres français du XIXe siècle, naquit à Montauban et fut baptisé dans la cathédrale en 1780. En 1824, il peignit pour cet édifice Le Vœu de Louis XIII, toile monumentale commandée par le gouvernement royal qui consacra sa gloire au Salon de 1824 et qui demeure conservée in situ. Le musée Ingres-Bourdelle, installé dans l'ancien palais épiscopal voisin, conserve le fonds d'atelier de l'artiste.

L'édifice est-il classé monument historique ?

Notre-Dame-de-l'Assomption de Montauban est protégée au titre des monuments historiques sous la cote PA00095835. Ce classement reconnaît l'importance patrimoniale d'un édifice du classicisme français, conçu par François d'Orbay et Robert de Cotte entre 1692 et 1739, et témoignage rare d'une cathédrale pleinement classique érigée comme manifeste catholique face au protestantisme dans le contexte de la révocation de l'édit de Nantes.

Sources