Léonie Françoise de Sales Aviat
Biographie de Léonie Aviat
Léonie Aviat naît le 16 septembre 1844 à Sézanne, en Champagne, dans une famille bourgeoise pieuse. Élève au pensionnat de la Visitation de Troyes (1860-1864), elle y rencontre celui qui sera le grand maître spirituel de sa vie : le Père Louis Brisson (1817-1908), aumônier des Visitandines, prêtre érudit et inventeur (il construisit lui-même des horloges astronomiques), habité par la spiritualité de saint François de Sales. Le diocèse de Troyes connaît alors la mutation industrielle : usines textiles, bonneteries, ateliers de teinture attirent des milliers de jeunes ouvrières venues des campagnes champenoises, livrées sans protection aux dangers moraux et matériels de la ville. Le Père Brisson fonde en 1858 les premières Œuvres ouvrières de Troyes, foyers d'accueil pour ces jeunes filles. Léonie y consacre ses week-ends dès 1866, puis sa vie entière.
Le 30 octobre 1868, elle entre comme novice ; le 11 octobre 1872, elle prononce ses vœux et fonde avec le Père Brisson la Congrégation des Oblates de Saint-François-de-Sales, vouée à l'apostolat ouvrier féminin : foyers, écoles ménagères, patronages, formation chrétienne et professionnelle des jeunes ouvrières. Mère Frances de Sales (nom de religion) en sera la supérieure générale dès 1893. La congrégation essaime à Paris, Lyon, Vienne, Le Caire, mais subit de plein fouet les lois anticléricales de 1903-1904 qui dispersent les religieuses françaises. Mère Aviat se réfugie en Italie, à Pérouse, où elle continue de gouverner sa congrégation. Elle y meurt le 10 janvier 1914. Béatifiée par Paul VI le 27 septembre 1992, canonisée par Jean-Paul II le 25 novembre 2001, dans un vaste consistoire qui canonisa également les saints Joseph Marello, Paolina do Coração Agonizante, Maria Crescentia Höss, Caterina Volpicelli.
Vie spirituelle et mission
Le charisme de Léonie Aviat s'enracine dans la spiritualité salésienne du XVIIᵉ siècle (saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal), douceur, humilité, abandon, vie ordinaire sanctifiée, qu'elle adapte aux conditions inédites de l'industrialisation. L'apostolat ouvrier féminin qu'elle invente à Troyes est, pour le XIXᵉ siècle français, une réponse pastorale prophétique au déracinement rural et à la prolétarisation : alors que beaucoup de catholiques pleuraient les villages perdus, elle alla rejoindre les jeunes femmes là où l'usine les avait conduites. Sa devise, « S'oublier totalement », traduit l'humilité salésienne portée à son point d'achèvement : préférer toujours la mission silencieuse au rayonnement visible, le service concret à la doctrine spectaculaire. Quarante ans avant la doctrine sociale de Léon XIII (Rerum Novarum, 1891), elle a inventé en pratique une pastorale du monde ouvrier qui anticipe les Jocistes du Père Cardijn (1925), attentive à la dignité de la femme travailleuse, à sa formation professionnelle et à sa liberté chrétienne.
Postérité, culte et miracles
Les Oblates de Saint-François-de-Sales comptent aujourd'hui environ trois cent cinquante religieuses présentes en France, Italie, Allemagne, Autriche, Suisse, Équateur, Afrique du Sud, Bénin et Inde. Leurs œuvres se sont diversifiées, éducation, accompagnement social, pastorale paroissiale, tout en gardant l'inspiration ouvrière originelle. La cause de béatification du Père Louis Brisson, co-fondateur, a abouti à sa béatification le 22 septembre 2012 à Troyes. La canonisation de Léonie Aviat le 25 novembre 2001 par Jean-Paul II, en pleine doctrine sociale post-conciliaire (Centesimus Annus, 1991), reconnaît la portée prophétique d'une fondatrice qui sut, au cœur même de la révolution industrielle, faire jaillir une mystique apostolique du travail féminin, préfigurant ce que l'Église contemporaine appellera la pastorale du monde ouvrier.
Sanctuaires et lieux de pèlerinage à visiter
La chapelle des Oblates de Troyes (rue de la Paix) abrite ses reliques rapatriées d'Italie ; pèlerinage diocésain. La maison natale de Sézanne (Marne) se visite. À Pérouse, le Centre international Léonie Aviat conserve sa chambre mortuaire. La maison-mère, à Troyes-Sainte-Savine, perpétue la pastorale ouvrière fondée par la sainte champenoise.
Anecdotes et iconographie
- La devise « S'oublier totalement », Mère Aviat répétait cette parole comme un mantra spirituel : oubli de soi pour mieux servir, humilité salésienne portée à l'héroïsme apostolique..
- Les foyers ouvriers de Troyes, Le premier foyer fondé en 1866 rue de la Paix accueillait gratuitement les jeunes ouvrières des bonneteries, modèle reproduit ensuite dans toute la France industrielle..
- L'exil de Pérouse, Chassée par les lois anticléricales de 1903, elle gouverna sa congrégation dispersée depuis l'Italie, sans amertume, donnant l'exemple d'une obéissance surnaturelle aux épreuves de l'histoire..
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Questions fréquentes sur Léonie Aviat
Pourquoi « Oblates de Saint-François-de-Sales » ?
Parce que le charisme de la congrégation est tout entier inspiré de la spiritualité salésienne (douceur, humilité, vie ordinaire sanctifiée) ; le Père Brisson, leur co-fondateur, fut un grand spécialiste de saint François de Sales et de sainte Jeanne de Chantal.
Quel est l'apostolat originel des Oblates ?
L'<strong>apostolat ouvrier féminin</strong> : foyers d'accueil, écoles ménagères et patronages pour les jeunes ouvrières des bonneteries de Troyes, déracinées de la campagne par l'industrialisation du Second Empire.
Qui était le Père Brisson ?
Le bienheureux <strong>Louis Brisson</strong> (1817-1908), prêtre du diocèse de Troyes, aumônier des Visitandines, théologien et inventeur, fut le co-fondateur des Oblates et le directeur spirituel de Léonie Aviat ; béatifié le 22 septembre 2012.
Pourquoi a-t-elle vécu en exil en Italie ?
Les <strong>lois anticléricales de 1903-1904</strong> ayant interdit en France la plupart des congrégations religieuses, Mère Aviat se réfugia à Pérouse, en Italie, pour gouverner sa congrégation dispersée ; elle y mourut le <strong>10 janvier 1914</strong>.
Quand a-t-elle été canonisée ?
Béatifiée par Paul VI le 27 septembre 1992, elle fut <strong>canonisée par Jean-Paul II le 25 novembre 2001</strong>.
Sources
- Wikipédia, Léonie Françoise de Sales Aviat.