Identité · Famille aristocratique

Maison de Castellane

« Honneur à Dieu (devise tardive de la maison ducale) »

Issue de la chevalerie provençale, la maison de Castellane est attestée dès le XIe siècle avec Boniface Ier, seigneur de la Petra Castellana, citadelle dominant le Verdon. Au XIIIe siècle, Boniface VI, troubadour et grand sénéchal de…

Blason de Castellane : de gueules au château donjonné de trois tours d'or
Armoiries parlantes de la maison de Castellane, au château donjonné de trois tours d'orThom.lanaud · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Carte d’identité

Devise
Honneur à Dieu (devise tardive de la maison ducale)
Classe
ancienne chevalerie
Origine géographique
Provence (Castellane, Alpes-de-Haute-Provence)
Premier siècle attesté
XIe siècle (Boniface Ier, seigneur de Castellane, vers 1032)
Ancêtre éponyme
Boniface Ier de Castellane, seigneur du Petra Castellana, attesté en Provence au début du XIe siècle ; sa descendance prend le nom de la place forte qui domine la vallée du Verdon.
Berceau
seigneurie de Castellane (Alpes-de-Haute-Provence)
Première mention
Boniface Ier de Castellane, vers 1030
Élévation marquisale
marquis de Castellane sous Louis XIV
Maréchal de France
Esprit-François-Henri (1733-1814), maréchal de camp
Branches
Castellane-Norante, Castellane-Esparron
Chef actuel
Henri, comte de Castellane

Histoire

Issue de la chevalerie provençale, la maison de Castellane est attestée dès le XIe siècle avec Boniface Ier, seigneur de la Petra Castellana, citadelle dominant le Verdon. Au XIIIe siècle, Boniface VI, troubadour et grand sénéchal de Provence, illustre la cour des Anjou. La famille essaime en de nombreuses branches provençales (Castellane-Adhémar, Castellane-Grignan, Castellane-Esparron). Sous l'Ancien Régime, elle conserve son rang dans la noblesse provençale sans accéder à la pairie ducale. Le XIXe siècle marque son apogée : le maréchal Esprit-Victor-Élisabeth-Boniface de Castellane, gendre du duc de Périgord, sert avec distinction sous l'Empire, la Restauration et le Second Empire ; sa fille Pauline épouse le futur prince de Beauvau. Son arrière-petit-fils Boniface, dit Boni de Castellane, devient l'incarnation parisienne du dandysme fin-de-siècle : son mariage en 1895 avec l'héritière américaine Anna Gould scandalise et fascine, et il fait édifier avenue du Bois le célèbre Palais Rose. Son cousin germain Jean de Castellane épouse Dolly Radziwiłł. La maison subsiste avec plusieurs branches actives, gardiennes de la mémoire provençale et d'un patrimoine familial dispersé entre la France et l'Italie.

Présentation de la Maison de Castellane

La Maison de Castellane est l'une des plus anciennes maisons chevaleresques de Provence. Son berceau est la place forte de Castellane, dans les gorges du Verdon, attestée comme possession seigneuriale dès le Xe siècle. Boniface Ier de Castellane, premier nom retenu par les généalogistes, est mentionné vers 1030. Ses descendants tiendront pendant cinq siècles la haute Provence et joueront un rôle central dans les conflits opposant les comtes de Provence aux comtes de Forcalquier, puis dans la formation du domaine royal après le rattachement de la Provence au royaume de France en 1486.

Au cours de l'Ancien Régime, la maison se ramifie en plusieurs branches : Castellane-Esparron, Castellane-Norante, Castellane-Saint-Jeurs, et Castellane-Majastres. Plusieurs membres entrent dans l'ordre de Malte ou prennent le commandement d'armées royales. Le marquisat de Castellane est créé sous Louis XIV en faveur de la branche aînée. Au XVIIIe siècle, plusieurs Castellane se distinguent dans la marine royale et dans la diplomatie. Boniface, marquis de Castellane (1758-1837), pair de France sous la Restauration, fut maréchal de camp et joua un rôle politique modéré.

Le XIXe siècle voit deux figures notables : Esprit-Victor-Boniface, comte puis maréchal de Castellane (1788-1862), commandant en chef des armées d'Espagne et de Lyon, mémorialiste précieux pour l'histoire militaire ; et son petit-fils Boniface, marquis de Castellane (1867-1932), épouse en 1895 l'héritière américaine Anna Gould, mariage des « princesses dollars » de la Belle Époque. La maison subsiste aujourd'hui avec plusieurs branches, dont les Castellane-Norante. Son histoire millénaire en fait l'un des piliers de la noblesse provençale historique.

Personnages illustres

  • Boniface VI de Castellane, troubadour et grand sénéchal de Provence (XIIIe s.)
  • Esprit-Victor-Élisabeth-Boniface de Castellane, maréchal de France (1788-1862)
  • Boni de Castellane, dandy et homme politique (1867-1932)
  • Henri de Castellane, député (1814-1847)
  • Cordélia de Castellane, mémorialiste (1796-1847)

Titres principaux et alliances majeures

Titres

  • Seigneur (puis baron) de Castellane
  • Marquis d'Esparron
  • Comte de Castellane (Empire et Restauration)
  • Duc de Valentinois (par mariage avec les Grimaldi-Monaco au XIXe s.)
  • Maréchal de France (Esprit-Victor-Élisabeth-Boniface, 1852)

Alliances

  • Alliances avec les comtes de Provence puis les Anjou-Provence (XIIe-XIVe s.)
  • Mariage de Boniface VI avec Marguerite de Forbin (XVIe siècle)
  • Mariage de Henri de Castellane avec Pauline de Talleyrand-Périgord (1839)
  • Mariage de Boni de Castellane avec Anna Gould, héritière américaine (1895)
  • Mariage de Marie-Blanche de Castellane avec Jean de Polignac (XXe s.)
Vue du village de Castellane dominé par son rocher (Petra Castellana)
Castellane (Alpes-de-Haute-Provence) et la Petra Castellana, berceau éponyme de la maison52Krzysztof · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Châteaux et résidences

  • Château de Castellane (Petra Castellana, berceau, en ruines)
  • Château de Grignan (par alliance avec les Adhémar-Grignan)
  • Hôtel de Castellane, Paris
  • Palais Rose, Paris (édifié par Boni de Castellane, démoli 1969)

Statut actuel

Maison subsistante avec plusieurs branches en France. Chef de nom et d'armes : Stanislas de Castellane (branche aînée). Famille active dans le patrimoine et la mémoire provençale ; descendance d'Anna Gould éteinte mais la maison se perpétue par d'autres lignages.

Contributions majeures

La Maison de Castellane a marqué l'histoire militaire française par le maréchal Esprit-Victor-Boniface (1788-1862), dont le Journal en cinq volumes (publié de 1895 à 1897) constitue une source majeure pour l'histoire de l'Empire et de la monarchie de Juillet. Sur le plan culturel, le marquis Boniface de Castellane (1867-1932), surnommé « Boni », fit construire à Paris le Palais Rose (avenue du Bois, démoli en 1969) et fut l'arbitre des élégances de la Belle Époque. La maison conserve plusieurs propriétés en Provence et soutient la sauvegarde du patrimoine alpin.

« Honor et virtus. », devise traditionnelle de la Maison de Castellane.

Questions fréquentes

D'où vient le nom Castellane ?

Du castrum de Castellane, place forte construite dès le haut Moyen Âge sur la rive du Verdon (Alpes-de-Haute-Provence). Le nom dérive du latin castellana (relative au château), qui désigne la châtellenie.

Qui était « Boni » de Castellane ?

Marie-Ernest-Paul-Boniface, marquis de Castellane (1867-1932), figure mondaine de la Belle Époque, époux de l'héritière américaine Anna Gould (de 1895 à 1906). Son train de vie spectaculaire et le Palais Rose qu'il fit construire incarnent l'alliance fortune-noblesse de cette époque.

La Maison de Castellane subsiste-t-elle ?

Oui. Plusieurs branches subsistent en France et en Belgique, héritières de la chevalerie provençale médiévale.