La Toussaint et la commémoration des défunts

L'Adoration de la Trinité par tous les saints, Albrecht Dürer, 1511, musée d'Histoire de l'art, Vienne
L'Adoration de la Trinité par tous les saints, Albrecht Dürer, 1511, musée d'Histoire de l'art, Vienne. Source : Wikimedia Commons (domaine public).

Le 1er novembre, l'Église fête tous les saints, connus et inconnus ; le 2 novembre, elle prie pour tous les défunts. Deux jours, deux mystères liés par la communion des saints. Sens, distinction et traditions françaises.

Fiche de synthèse

Toussaint
1er novembre (solennité, fête fixe)
Commémoration des défunts
2 novembre
Couleur
Blanc (Toussaint) ; violet ou noir (Défunts)
Évangile de la Toussaint
Les Béatitudes (Matthieu 5)
Dogme sous-jacent
La communion des saints
Origine de la date
Consécration romaine du 1er novembre (Grégoire III, VIIIe s.)

Histoire et origines

La fête de tous les saints s'enracine dans la dédicace du Panthéon de Rome à « sainte Marie et tous les martyrs » par le pape Boniface IV (609). Grégoire III (VIIIe s.) consacre au Vatican une chapelle à tous les saints le 1er novembre ; Grégoire IV étend la fête à toute l'Église au IXe siècle. La commémoration des fidèles défunts au 2 novembre est instituée par saint Odilon de Cluny en 998 : Cluny en fait une journée de prière pour les âmes du purgatoire, vite adoptée par tout l'Occident.

Dates et déroulement en 2026

Ces deux dates sont fixes, indépendantes du calendrier pascal. Le 1er novembre, solennité de la Toussaint, est jour de précepte (messe d'obligation) et jour férié en France. Le 2 novembre, commémoration de tous les fidèles défunts, n'est pas férié mais reste profondément vécu : c'est aux alentours de ces deux jours que les familles françaises se rendent au cimetière.

Le sens spirituel

La Toussaint n'est pas la fête des seuls grands saints canonisés, mais de la foule innombrable de l'Apocalypse (7, 9) — tous ceux, connus et inconnus, qui sont entrés dans la gloire de Dieu. Son Évangile est celui des Béatitudes : la sainteté y est présentée comme accessible à tous. Elle célèbre l'espérance : ce à quoi chaque baptisé est appelé.

Le 2 novembre prolonge cette espérance vers ceux qui se purifient encore. Les deux jours expriment la communion des saints : l'Église du ciel (les saints), l'Église qui se purifie (les défunts), et l'Église de la terre forment un seul corps, où la prière circule des uns aux autres.

Comment vivre la Toussaint et le jour des défunts

On participe à la messe de la Toussaint le 1er novembre, et l'on prie pour les défunts le 2. La tradition française fleurit les tombes — souvent de chrysanthèmes, fleur de l'automne devenue celle du souvenir — et visite les cimetières. L'Église accorde des indulgences pour les âmes du purgatoire à qui prie dans un cimetière du 1er au 8 novembre. C'est le temps de faire mémoire des siens et de raviver l'espérance de la résurrection.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre la Toussaint et le jour des défunts ?

La Toussaint, le 1er novembre, fête tous les saints du ciel, connus et inconnus. La commémoration des défunts, le 2 novembre, prie pour tous les morts, notamment les âmes du purgatoire. La première célèbre la gloire atteinte ; la seconde intercède pour ceux qui s'y préparent.

Pourquoi fleurit-on les tombes de chrysanthèmes ?

Le chrysanthème fleurit à l'automne, au moment de la Toussaint, et résiste au froid : il est devenu en France la fleur du souvenir et de l'éternité. La coutume de fleurir et de visiter les tombes se concentre autour du 1er et du 2 novembre, en lien avec la prière pour les défunts.

Qu'est-ce que la communion des saints ?

La communion des saints est le lien spirituel qui unit tous les membres de l'Église : les saints du ciel, les âmes qui se purifient au purgatoire et les fidèles sur la terre. La prière et les mérites circulent entre eux. C'est ce dogme que célèbrent ensemble la Toussaint et le jour des défunts.

Pour aller plus loin

  • Saint Odilon de Cluny, institution de la commémoration des défunts (998)
  • Catéchisme de l'Église catholique, § 946-962 (la communion des saints)
  • Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, la Toussaint