Monastère royal de Brou
Monastère royal de Brou en bref
- Dénomination : abbaye catholique
- Commune : Bourg-en-Bresse (01, Auvergne-Rhône-Alpes)
- Siècle principal : XVIe
- Fondateur : Marguerite d'Autriche (1506)
- Ordre religieux : Augustin (anciennement)
- Style : Gothique flamboyant tardif (brabançon)
- Protection : Classée Monument historique sur la liste de 1862
- Statut actuel : Monument géré par le CMN ; musée municipal des Beaux-Arts ; église de Brou ouverte au culte
- Coordonnées GPS : 46.19920, 5.23670
- Construction : 1506-1532
- Commanditaire : Marguerite d'Autriche (1480-1530)
- Style : Gothique flamboyant brabançon
- Département : Ain (01)
- Tombeaux : Marguerite d'Autriche, Philibert le Beau, Marguerite de Bourbon
Sources : base Mérimée (PA01000036). Ministère de la Culture, licence ouverte.
Histoire de Monastère royal de Brou
L'église royale de Brou est l'expression monumentale d'un deuil princier. En 1504, le duc Philibert le Beau de Savoie meurt prématurément d'une pleurésie, à 24 ans, lors d'une partie de chasse. Sa veuve, Marguerite d'Autriche (1480-1530), fille de l'empereur Maximilien Ier et tante du futur Charles Quint, est l'une des plus puissantes princesses d'Europe : régente des Pays-Bas, négociatrice diplomatique de premier plan, mécène avertie. Pour honorer la mémoire de son époux et accomplir un vœu de sa belle-mère Marguerite de Bourbon, elle entreprend la construction d'un ensemble monastique avec église funéraire à Bourg-en-Bresse, dans le duché de Savoie hérité par son défunt mari.
Le chantier, lancé en 1506, est confié à l'architecte flamand Loys van Boghem (Louis van Boghem), formé à Bruxelles. Le programme est ambitieux : monastère pour les augustins, cloîtres conventuels (fait : trois cloîtres), et surtout l'église funéraire abritant les trois tombeaux dynastiques. Les sculpteurs, peintres-verriers et tailleurs de pierre sont recrutés dans toute l'Europe : Flamands (Conrad Meyt pour les gisants), Allemands, Italiens, Français. Le résultat, achevé en 1532 deux ans après la mort de la commanditaire, est l'un des sommets du gothique flamboyant brabançon en France. L'église échappe miraculeusement aux destructions révolutionnaires (sauvée par sa transformation en magasin militaire). Restaurée au XIXe siècle, elle abrite aujourd'hui un musée municipal, dans les bâtiments monastiques contigus, présentant les collections d'art ancien et moderne de Bourg-en-Bresse.
Monastère royal de Brou
- Adresse : 63 boulevard de Brou, 01000 Bourg-en-Bresse, Voir sur la carte
- Construction : XVIe
- Protection : Classée Monument historique sur la liste de 1862
- Statut juridique : édifice protégé au titre des monuments historiques
- Affectataire : Diocèse de Belley-Ars
Architecture et description
Brou est un manifeste du gothique flamboyant tardif à son sommet. La façade occidentale, sculptée comme une dentelle minérale, déploie un riche programme iconographique : tympan figurant Philibert et Marguerite présentés à la Vierge, niches abritant les saints patrons. Les verrières du chœur, contemporaines de la construction (1530), sont parmi les plus belles vitreries du XVIe siècle français : grands personnages stylisés, jeux chromatiques savants, signatures des maîtres-verriers. Le jubé, immense clôture flamboyante séparant le chœur de la nef, est l'un des rares conservés en France : ailleurs, ils ont été démolis dans la mouvance post-tridentine. Le chœur abrite les trois tombeaux dynastiques. Les stalles, sculptées entre 1530 et 1532 par les artisans bressans, présentent un programme iconographique mêlant scènes bibliques, allégories profanes et grotesques.
Éléments remarquables
Les trois tombeaux dynastiques constituent le cœur de la visite. Au centre, le tombeau de Philibert le Beau († 1504), avec gisant princier et figure d'orant ; à sa droite, le tombeau de Marguerite d'Autriche († 1530), considéré comme le plus raffiné, avec gisant et statue priante sous un baldaquin de pierre flamboyant ; à gauche, le tombeau de Marguerite de Bourbon († 1483, mère de Philibert), encastré dans une chapelle latérale. Tous trois sont l'œuvre du sculpteur flamand Conrad Meyt et de son atelier (vers 1526-1532), artistes dont le naturalisme flamand introduit la Renaissance dans le décor flamboyant. Les verrières du chœur représentent l'Ascension du Christ et les portraits des fondateurs présentés par leurs saints patrons. Le musée de Brou, dans les bâtiments monastiques attenants, présente collections de peintures (Primitifs flamands, Le Nain, Gustave Doré) et arts décoratifs.
Informations pratiques pour la visite
- Adresse : 63 boulevard de Brou, 01000 Bourg-en-Bresse
- GPS : 46.19920, 5.23670
- Protection : Classée Monument historique sur la liste de 1862, affectataire : Diocèse de Belley-Ars
- Accès : ouverte à la visite libre hors offices ; horaires affichés sur le portail principal et site officiel du diocèse.
Visite libre ou guidée toute l'année. Compter 2h pour l'ensemble (église + musée + cloîtres). À combiner avec une découverte de Bourg-en-Bresse (capitale du poulet de Bresse AOP) et de la Bresse savoyarde. Géré par le Centre des monuments nationaux.
Événements patrimoine à proximité
- Saison musicale de Brou, Concerts dans l'église, programmation Renaissance et baroque, acoustique des verrières..
- Nuit européenne des musées, Visite nocturne de l'église et du musée, animations spéciales, mai..
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Questions fréquentes sur Monastère royal de Brou
Pourquoi Marguerite d'Autriche a-t-elle fait construire Brou ?
Pour honorer la mémoire de son époux Philibert le Beau de Savoie, mort en 1504 à 24 ans d'une pleurésie de chasse. Le programme accomplissait également un vœu de sa belle-mère Marguerite de Bourbon.
Qui était Marguerite d'Autriche ?
Princesse impériale (1480-1530), fille de l'empereur Maximilien Ier, tante de Charles Quint, régente des Pays-Bas, l'une des femmes politiques les plus puissantes d'Europe au début du XVIe siècle.
Brou est-elle une abbaye ?
C'est un ensemble monastique : monastère augustin (avec trois cloîtres) et église funéraire dynastique. L'église royale en est la pièce maîtresse, séparée de la fonction conventuelle par sa vocation funéraire.
Combien de tombeaux y a-t-il à Brou ?
Trois : Philibert le Beau († 1504), Marguerite d'Autriche († 1530) et Marguerite de Bourbon († 1483, mère de Philibert), tous trois sculptés par l'atelier du Flamand Conrad Meyt entre 1526 et 1532.
Pourquoi le jubé a-t-il été conservé ?
La plupart des jubés français furent démolis après le concile de Trente (XVIIe siècle). Celui de Brou, exceptionnellement épargné, demeure l'un des rares jubés flamboyants conservés en France.
Sources
- Base Mérimée, notice PA01000036, Ministère de la Culture, licence ouverte.
- Wikipédia, Monastère royal de Brou.