Cathédrale Sainte-Réparate de Nice : baroque niçois XVIIe (Santa Maria Maggiore)

Façade baroque de la cathédrale Sainte-Réparate place Rossetti à Nice
Façade baroque, cathédrale Sainte-Réparate de Nice Photo Myrabella, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Cathédrale Sainte-Réparate de Nice en bref

  • Dénomination : cathédrale catholique
  • Commune : Nice (06, Provence-Alpes-Côte d'Azur)
  • Siècle principal : XVIIe
  • Architecte(s) : Jean-André Guiberto, Marc-Antoine Grigho
  • Style : Baroque niçois
  • Protection : Classé MH 1906
  • Coordonnées GPS : 43.69720, 7.27580
  • Sainte Réparate : martyre palestinienne du IIIe siècle (Césarée de Palestine, vers 250), patronne de Nice depuis le Moyen Âge, ses reliques apportées au Xe siècle
  • Baroque niçois : inspirée de Santa Maria Maggiore de Rome, l'un des plus beaux édifices baroques de Provence, en plein cœur de la Vieille Nice

Sources : base Mérimée (PA00080779), Wikidata (Q1084011). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Cathédrale Sainte-Réparate de Nice

Le diocèse de Nice (anciennement Nikaia grecque puis Nicaea romaine), fondé au IVe siècle, fut au Moyen Âge l'un des grands sièges épiscopaux provençaux. Le diocèse fut historiquement rattaché au comté de Nice, territoire italien (savoyard depuis 1388) jusqu'au traité de Turin du 24 mars 1860 qui rattacha Nice et la Savoie à la France sous Napoléon III (référendum populaire ratifié à 99,77%). Cette histoire italo-provençale explique le rayonnement baroque niçois.

La cathédrale primitive, placée sous le patronage de sainte Réparate (martyre palestinienne du IIIe siècle, à Césarée de Palestine vers 250, ses reliques auraient été apportées à Nice au Xe siècle selon la tradition), fut remplacée par plusieurs édifices au cours du Moyen Âge. L'édifice baroque actuel fut construit entre 1650 et 1699 sous le ducat de Charles-Emmanuel II de Savoie, dans le style baroque niçois, inspiré de Santa Maria Maggiore de Rome (basilique papale majeure, l'une des quatre basiliques majeures du Vatican). Façade tripartite, dôme sur la croisée du transept, intérieur richement décoré (marbres polychromes, fresques, retables baroques). Maintenu en exercice depuis 1801 (l'un des rares diocèses provençaux qui a survécu au Concordat). En 1860, le diocèse de Nice devint français avec l'annexion savoyarde. Sainte-Réparate est aujourd'hui en exercice (suffragante de Marseille).

Cathédrale Sainte-Réparate de Nice

  • Adresse : 3 place Rossetti, 06300 Nice, Voir sur la carte
  • Construction : XVIIe
  • Protection : Classé MH 1906
  • Statut juridique : propriété de l'État (cathédrale en exercice)
  • Affectataire : Diocèse de Nice

Architecture et description

Intérieur baroque de la cathédrale Sainte-Réparate à Nice, nef et décor sculpté
Intérieur baroque, cathédrale Sainte-Réparate Photo Miguel Mendez, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

Sainte-Réparate de Nice déploie un édifice baroque de 65 mètres de long pour 25 mètres sous voûte. Le plan en croix latine à trois nefs avec déambulatoire est typique du baroque romain (modèle Il Gesù 1568-1584, Santa Maria Maggiore). La nef baroque (1650-1699) présente sept travées rythmées par des piliers cannelés, voûtes à fresques, retables baroques richement décorés. La façade occidentale tripartite, à trois portails encadrés de pilastres ioniques et fronton triangulaire central, est composition typique du baroque romain transposé en Provence. La tour-clocher (XVIIIe siècle, 50 m), accolée au flanc nord, surmontée d'un campanile en fer forgé typique de la Provence, est l'élément le plus visible. Le dôme sur la croisée du transept (35 m de hauteur sous lanterne) est l'élément le plus spectaculaire à l'intérieur, couvert de fresques baroques. La pierre calcaire locale combinée au marbre polychrome (importé d'Italie) donne à l'édifice cette luminosité méditerranéenne caractéristique. À l'extérieur, l'édifice s'inscrit dans la Vieille Nice, l'un des plus beaux centres baroques de Provence.

Éléments remarquables

Dôme avec lanternon de la cathédrale Sainte-Réparate à Nice, tuiles vernissées génoises
Dôme baroque à tuiles génoises, Sainte-Réparate Photo GFreihalter, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Le retable de sainte Réparate (XVIIIe siècle, baroque niçois), Vie et martyre de la sainte patronne, est l'un des éléments artistiques les plus précieux. Représentation de la sainte palestinienne du IIIe siècle, martyrisée à Césarée de Palestine vers 250 (selon la tradition, à 17 ans, par décapitation pour refus de sacrifier aux idoles). Les fresques de la voûte (XVIIIe siècle), Vie de la Vierge et scènes du Nouveau Testament, sont parmi les plus beaux décors baroques niçois. Le maître-autel baroque (XVIIIe siècle) en marbres polychromes importés d'Italie est l'un des plus beaux autels baroques de France. Le buffet d'orgue (XVIIIe siècle, restauré) est l'un des grands orgues classiques niçois. La chapelle Saint-Joseph abrite des éléments Renaissance précoce. Les chapelles latérales (XVIIIe-XIXe siècles) présentent des retables baroques richement sculptés et dorés. À l'extérieur, la Vieille Nice (place Rossetti, cours Saleya, célèbre marché aux fleurs) est l'un des plus beaux centres baroques de Provence.

Informations pratiques pour la visite

XVIIe siècle de construction principal
Sainte Réparate martyre palestinienne IIIe siècle, patronne aussi de Florence (cathédrale primitive Santa Reparata)
Baroque niçois 1650-1699, inspirée de Santa Maria Maggiore de Rome
  • Adresse : 3 place Rossetti, 06300 Nice
  • GPS : 43.69720, 7.27580
  • Protection : Classé MH 1906, affectataire : Diocèse de Nice
  • Accès : ouverte à la visite libre hors offices ; horaires affichés sur le portail principal et site officiel du diocèse.

Visite libre. Visite couplée recommandée avec la Vieille Nice (place Rossetti, cours Saleya, célèbre marché aux fleurs et antiquités), la promenade des Anglais (front de mer mythique), et le musée Matisse (Cimiez, collection majeure de Matisse, qui vécut à Nice de 1917 à sa mort en 1954). Nice est à 6 h de Paris en TGV.

Événements patrimoine à proximité

  • Carnaval de Nice, fin février, l'un des plus grands carnavals européens (créé 1294 selon la tradition, devenu international à partir de 1873), animations dans toute Nice.
  • Pardon de sainte Réparate, 8 octobre, fête patronale de Nice, procession dans la Vieille Nice.

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Cathédrale Sainte-Réparate de Nice

Qui était sainte Réparate ?

Sainte Réparate (vers 233-250), martyre palestinienne du IIIe siècle, à Césarée de Palestine vers 250 sous l'empereur Dèce, selon la tradition, à 17 ans, par décapitation pour refus de sacrifier aux idoles romaines. Patronne de Nice depuis le Moyen Âge, ses reliques auraient été apportées à Nice au Xe siècle selon la tradition. Sa fête est le 8 octobre. Patronne aussi de Florence (cathédrale dédiée à Santa Reparata avant le Duomo).

Pourquoi Nice est-elle baroque niçois ?

Nice fut historiquement rattachée au comté de Nice, territoire italien (savoyard depuis 1388, sarde 1720-1860, italien) jusqu'au traité de Turin du 24 mars 1860 qui rattacha Nice et la Savoie à la France sous Napoléon III (référendum à 99,77%). Cette histoire italo-provençale explique le rayonnement baroque niçois, XVIIe-XVIIIe siècles, sous influence italienne directe (Turin, Gênes). Sainte-Réparate (1650-1699) est inspirée de Santa Maria Maggiore de Rome (basilique papale majeure).

Quand Nice est-elle devenue française ?

Nice et le comté de Nice (Alpes-Maritimes actuelles) furent rattachés à la France en 1860 par le traité de Turin (24 mars 1860) sous Napoléon III. Référendum populaire ratifié à 99,77% les 15-16 avril 1860. La France obtint Nice et la Savoie en compensation de l'aide militaire apportée à l'unification italienne (guerre d'Italie 1859, victoire de Solférino contre l'Autriche).

Pourquoi sainte Réparate est-elle aussi patronne de Florence ?

Sainte Réparate, martyre palestinienne du IIIe siècle, fut au Moyen Âge l'une des saintes les plus vénérées de Méditerranée occidentale, patronne de plusieurs villes méditerranéennes (Nice, Florence, Atrani sur la côte amalfitaine). À Florence, la cathédrale primitive (Santa Reparata, IVe-XIIIe siècles) lui était dédiée, avant d'être remplacée par le Duomo Santa Maria del Fiore (1296-1436, célèbre pour son dôme de Brunelleschi).

Que voir à Nice autour de la cathédrale ?

La Vieille Nice (place Rossetti, devant la cathédrale, cours Saleya, célèbre marché aux fleurs et antiquités, place Garibaldi), la promenade des Anglais (front de mer mythique), le musée Matisse (Cimiez, collection majeure de Matisse, qui vécut à Nice de 1917 à sa mort en 1954), le musée Marc Chagall (Cimiez), et le château de Nice (colline avec vue panoramique). Nice est à 6 h de Paris en TGV, 1 h d'avion.

Sources