À toi, Dieu
Te Deum laudamus, Te Deum : hymne d'action de grâce attribué à saint Nicétas de Remesiana (IVe s.), texte latin et français, usage liturgique solennel.
Fiche de synthèse
- Titre latin
- Te Deum laudamus
- Type
- hymne
- Siècle d'origine
- IVe siècle
- Auteur attribué
- Traditionnellement attribué à saint Ambroise et saint Augustin (légende de la nuit du baptême, 387) ; aujourd'hui attribué à Nicétas de Rémésiana (c. 335-414)
- Usage liturgique
- Hymne d'action de grâces solennelle. Chanté à l'Office des lectures les dimanches hors Carême, aux solennités et fêtes. En dehors de la liturgie des heures : à la fin du Te Deum laudamus le 31 décembre (action de grâces pour l'année écoulée, indulgence plénière), pour les canonisations, élections pontificales, conclusions de conciles, victoires militaires, naissances et couronnements royaux. Sacre des rois de France à Reims, après l'onction.
- Type
- Hymne d'action de grâce solennelle
- Origine
- IVe siècle (vers 380-414)
- Auteur
- Attribué à saint Nicétas de Remesiana (vers 335-414), évêque de Dacie
- Anciennes attributions
- Saint Ambroise, saint Augustin, saint Hilaire (légendaires)
- Structure
- Trois sections : louange trinitaire, christologique, supplications psalmiques
- Usage liturgique
- Office des Lectures (dimanches et fêtes), grandes actions de grâce
- Indulgence
- Plénière le 31 décembre pour l'année écoulée
Histoire et contexte
Le Te Deum est l'un des plus anciens hymnes chrétiens en prose rythmée, composé à la fin du IVe siècle. La tradition médiévale en attribuait la composition simultanée à Ambroise et Augustin lors du baptême de ce dernier la nuit de Pâques 387 à Milan. La critique moderne (Morin, 1894) l'attribue plutôt à Nicétas, évêque de Rémésiana en Dacie. Structure tripartite : louange trinitaire (vv. 1-13), christologique (vv. 14-21), supplication psalmique (vv. 22-29). Adopté par la règle de saint Benoît dès le VIe siècle pour les matines dominicales, il devient l'hymne officielle de toutes les actions de grâces solennelles de la chrétienté : victoires, naissances royales, canonisations, conclusions de conciles.
Texte latin
Te Deum laudamus: te Dominum confitemur. Te aeternum Patrem omnis terra veneratur. Tibi omnes Angeli; tibi caeli et universae Potestates; Tibi Cherubim et Seraphim incessabili voce proclamant: Sanctus, Sanctus, Sanctus, Dominus Deus Sabaoth. Pleni sunt caeli et terra maiestatis gloriae tuae. Te gloriosus Apostolorum chorus, Te Prophetarum laudabilis numerus, Te Martyrum candidatus laudat exercitus. Te per orbem terrarum sancta confitetur Ecclesia, Patrem immensae maiestatis; Venerandum tuum verum et unicum Filium; Sanctum quoque Paraclitum Spiritum. Tu Rex gloriae, Christe. Tu Patris sempiternus es Filius. Tu, ad liberandum suscepturus hominem, non horruisti Virginis uterum. Tu, devicto mortis aculeo, aperuisti credentibus regna caelorum. Tu ad dexteram Dei sedes, in gloria Patris. Iudex crederis esse venturus. Te ergo quaesumus, tuis famulis subveni, quos pretioso sanguine redemisti. Aeterna fac cum sanctis tuis in gloria numerari. Salvum fac populum tuum, Domine, et benedic hereditati tuae. Et rege eos, et extolle illos usque in aeternum. Per singulos dies benedicimus te; Et laudamus nomen tuum in saeculum, et in saeculum saeculi. Dignare, Domine, die isto sine peccato nos custodire. Miserere nostri, Domine, miserere nostri. Fiat misericordia tua, Domine, super nos, quemadmodum speravimus in te. In te, Domine, speravi: non confundar in aeternum.
Texte français
À toi Dieu, notre louange ! / Nous t'acclamons : tu es Seigneur ! / À toi, Père éternel, / l'hymne de l'univers. / Devant toi se prosternent les archanges, / les anges et les esprits des cieux ; / ils te rendent grâce ; / ils adorent et ils chantent : / Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l'univers ; / le ciel et la terre sont remplis de ta gloire. / C'est toi que les Apôtres glorifient, / toi que proclament les prophètes, / toi dont témoignent les martyrs ; / c'est toi que par le monde entier l'Église annonce et reconnaît. / Dieu, nous t'adorons : / Père infiniment saint, / Fils éternel et bien-aimé, / Esprit de puissance et de paix. / Christ, Fils du Dieu vivant, Seigneur de la gloire, / tu n'as pas craint de prendre chair dans le corps d'une vierge / pour libérer l'humanité captive. / Par ta victoire sur la mort, / tu as ouvert à tout croyant le Royaume des cieux ; / tu règnes à la droite du Père ; / tu viendras pour le jugement. / Montre-toi le défenseur et l'ami des hommes / sauvés par ton sang : / prends-les avec tes saints dans ta gloire. / Sauve ton peuple, Seigneur, / et bénis ton héritage ; / sois leur guide, / soutiens-les à jamais. / Chaque jour nous te bénissons ; / nous louons ton nom pour toujours et dans les siècles des siècles. / Daigne aujourd'hui, Seigneur, nous garder sans péché. / Prends pitié de nous, Seigneur, prends pitié de nous. / Que ton amour, Seigneur, soit sur nous / comme notre espoir est en toi. / C'est en toi, Seigneur, que j'ai espéré : / je ne serai pas confondu à jamais.
Comment prier le À toi, Dieu
Faites du Te Deum votre prière des grands moments : naissance d'un enfant, anniversaire de mariage, guérison, retraite achevée, livre publié, ordination ou profession religieuse. Le 31 décembre au soir, récitez-le en famille pour l'année écoulée, l'indulgence plénière est attachée à cette récitation publique aux conditions habituelles. Le chant grégorien solennel (Liber Usualis p. 1832) est d'une puissance peu égalée ; le ton festif et le ton ferial conviennent selon les circonstances. Pour la lectio, méditez le verset « Tu Rex gloriæ, Christe » qui est le sommet christologique.
Questions fréquentes
Saint Ambroise est-il vraiment l'auteur du Te Deum ?
Non. La légende du dialogue improvisé entre Ambroise et Augustin au baptême de ce dernier (387) est attestée à partir du IXe siècle seulement. Les études modernes (G. Morin, 1894) attribuent l'hymne à saint Nicétas de Remesiana, évêque de Dacie au tournant des IVe-Ve siècles.
Quand le chante-t-on à l'Office ?
Au Bréviaire monastique et à la Liturgie des Heures, le Te Deum se chante à la fin de l'Office des Lectures, les dimanches (sauf en Avent et en Carême), les solennités, les fêtes du Seigneur, les fêtes des saints majeurs et l'octave de Pâques.
Quelle indulgence est attachée au 31 décembre ?
Une indulgence plénière est accordée à la récitation publique du Te Deum le dernier jour de l'année, en action de grâce pour les bienfaits reçus, aux conditions habituelles (confession, communion, prière aux intentions du Pape, détachement du péché).
Pour aller plus loin
- Germain Morin, L'auteur du Te Deum, Revue bénédictine, 1894 (étude critique)
- Catéchisme de l'Église catholique, § 168 (le Te Deum dans la prière de l'Église)
- Liber Usualis, Solesmes, 1961, p. 1832, Te Deum solenne et feriale
Commentaire spirituel
Le Te Deum laudamus est l'hymne d'action de grâce par excellence de l'Église latine. La tradition l'attribuait à un dialogue improvisé entre saint Ambroise et saint Augustin lors du baptême de ce dernier (Pâques 387), mais la critique moderne reconnaît la paternité de saint Nicétas de Remesiana (vers 335-414), évêque de Dacie (actuelle Serbie). Le manuscrit le plus ancien (Antiphonaire de Bangor, vers 690) en témoigne déjà la diffusion irlandaise précoce.
La structure est en trois mouvements. Premier mouvement (vv. 1-13) : louange trinitaire de tout le cosmos, anges, ciel, vertus, chérubins, séraphins, apôtres, prophètes, martyrs, Église entière. C'est le cantique de l'univers transformé en chœur. Deuxième mouvement (vv. 14-21) : christologie, le Fils, Roi de gloire, qui a ouvert le Royaume des cieux par la Croix. Troisième mouvement (vv. 22-29) : supplications tirées principalement des psaumes (Ps 27 ; Ps 144 ; Ps 122 ; Ps 32), sauve ton peuple, bénis ton héritage, gouverne-les, élève-les éternellement.
Cette hymne est chantée à toutes les grandes actions de grâce de la chrétienté : élection d'un pape, couronnement royal (jusqu'à 1825 pour les rois de France), profession solennelle, victoire militaire (Lépante 1571, Vienne 1683), canonisations, dédicaces. Au Bréviaire monastique, elle conclut l'Office des Lectures les dimanches et les fêtes, sauf en Carême. Le 31 décembre, sa récitation publique pour l'année écoulée est indulgenciée.