Marie-Victoire Couderc, en religion Mère Thérèse

Portrait de Thérèse Couderc
Portrait de Thérèse Couderc, <a href="//commons.wikimedia.org/w/index.php?title=User:Marie_Lydia_V&amp;action=edit&amp;redlink=1" class="new" title="User:Marie Lydia V (page does not exist)">Marie Lydia V</a> · CC BY-SA 3.0.

Biographie de Thérèse Couderc

Marie-Victoire Couderc naît le 1ᵉʳ février 1805 au hameau du Mas-de-Sablières, en Vivarais ardéchois, dans une famille paysanne chrétienne, quatre de ses frères et sœurs entreront en religion. Adolescente intelligente et silencieuse, elle reçoit en 1825, à La Louvesc où repose saint Jean-François Régis, l'appel décisif lors d'une mission prêchée par l'abbé Jean-Pierre Étienne Terme. Cet ancien sulpicien, prêtre du diocèse de Viviers, vient de fonder une petite congrégation enseignante, les Sœurs de Saint-Régis ; Marie-Victoire le rejoint, prend l'habit le 6 février 1826 sous le nom de Sœur Thérèse, et reçoit aussitôt une mission inattendue : accueillir les pèlerines qui affluent au tombeau du saint jésuite et n'ont, dans le bourg perdu de La Louvesc, aucun lieu décent où loger.

De cet humble service hôtelier naît, sous l'inspiration commune de Sœur Thérèse et de l'abbé Terme, la première maison de retraites spirituelles pour femmes selon les Exercices de saint Ignace, initiative pastorale révolutionnaire pour l'époque, où l'oraison méthodique demeurait quasi exclusivement réservée au clergé et aux moniales cloîtrées. Nommée supérieure à 23 ans, Thérèse se révèle administratrice d'exception ; à la mort de l'abbé Terme en 1834, elle pilote la séparation d'avec les Sœurs de Saint-Régis et établit canoniquement la Société des Religieuses du Cénacle. Mais déposée injustement de sa charge en 1838, accusée à tort de mauvaise gestion, elle entre dans une longue nuit d'humiliation et d'effacement qu'elle accepte avec une humilité héroïque, passant quarante-sept ans dans l'obscurité comme simple sœur, jardinière, infirmière, sacristine. Le 26 juin 1864, elle reçoit la grande illumination du Se livrer qui résume sa doctrine spirituelle. Elle meurt à Fourvière (Lyon) le 26 septembre 1885. Béatifiée par Pie XI en 1951, canonisée par Paul VI le 10 mai 1970.

Effigie ou sceau de Thérèse Couderc
Effigie, sceau ou statue funéraire, <a href="//commons.wikimedia.org/w/index.php?title=User:FredSeiller&amp;action=edit&amp;redlink=1" class="new" title="User:FredSeiller (page does not exist)">FredSeiller</a> · CC BY-SA 4.0.

Vie spirituelle et mission

L'apport spirituel de Thérèse Couderc se cristallise dans la grâce du « Se livrer » reçue le 26 juin 1864 : « Oh ! que cette parole est belle… se livrer ! Je l'entends ainsi : se donner sans réserve et sans reprise. » Cette doctrine de l'abandon total à la volonté divine, comprise comme l'âme même des Exercices ignatiens, fait de Thérèse une mystique de l'effacement actif et féminin. Le charisme du Cénacle qu'elle a reçu et transmis articule trois dimensions inséparables : la retraite ignatienne donnée aux femmes laïques (intuition prophétique pour le XIXᵉ siècle), l'accompagnement spirituel personnalisé, et la vie contemplative apostolique enracinée dans l'oraison continuelle du Cénacle pentecostal, « unanimes en prière avec Marie, mère de Jésus » (Ac 1, 14). Cette spiritualité, mariale et apostolique, ouvre aux femmes catholiques un accès direct à la grande tradition jésuite, ce que ni Madeleine-Sophie Barat (Sacré-Cœur, 1800) ni Anne-Marie Javouhey (Cluny, 1807) n'avaient encore tenté avec cette précision méthodique.

Scène iconique du règne de Thérèse Couderc
Scène iconique du règne, <a href="//commons.wikimedia.org/wiki/User:Fran%C3%A7ois_Bassaget" class="mw-redirect" title="User:François Bassaget">François Bassaget</a> · CC BY-SA 4.0.

Postérité, culte et miracles

Les Religieuses du Cénacle, longtemps modestes, prennent leur essor à la fin du XIXᵉ siècle après la reconnaissance pontificale (1888) ; au XXᵉ siècle, elles essaiment en Belgique, en Angleterre, aux États-Unis, au Brésil, en Inde et au Japon, comptant aujourd'hui environ trois cents sœurs réparties sur quatre continents. Leurs maisons de retraites, Versailles, Tigery, Dinard, La Louvesc, Lyon-Fourvière, demeurent des hauts lieux de la spiritualité ignatienne féminine en France. La canonisation de Thérèse Couderc le 10 mai 1970 par Paul VI, dans le sillage de Vatican II et de la Lumen Gentium sur l'appel universel à la sainteté, manifeste la reconnaissance ecclésiale d'un charisme féminin spécifique : faire accéder les laïques au cœur de la vie spirituelle ignatienne, tradition aujourd'hui féconde dans les groupes de Vie Chrétienne et les Exercices accompagnés.

Sanctuaires et lieux de pèlerinage à visiter

1970-05-10 année de canonisation
26 septembre fête liturgique

Le sanctuaire de La Louvesc (Ardèche) abrite la maison-mère et le tombeau de saint Jean-François Régis ; on y visite la maison de retraites originelle. La maison natale du Mas-de-Sablières est restaurée. La maison du Cénacle de Lyon-Fourvière, où elle mourut, garde sa chambre. À Paris, le Cénacle de la rue de Sèvres et celui de Versailles perpétuent la spiritualité ignatienne féminine fondée par sainte Thérèse.

Anecdotes et iconographie

  • La grâce du « Se livrer », Le 26 juin 1864, en oraison à Lyon, Thérèse vit le mot « SE LIVRER » écrit en lettres d'or, et comprit l'essence des Exercices : la disponibilité totale du cœur..
  • Quarante-sept ans d'effacement, Déposée en 1838, elle vécut quarante-sept ans comme simple sœur, refusant toute réhabilitation publique : « Je suis le néant, et Dieu est tout. ».
  • Le Cénacle et la Pentecôte, L'iconographie associe souvent Thérèse à la scène du Cénacle pentecostal : la communauté apostolique en prière autour de Marie, modèle de la communauté qu'elle fonda..

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Questions fréquentes sur Thérèse Couderc

Quel est le charisme du Cénacle ?

Donner aux femmes laïques l'accès aux <em>Exercices spirituels</em> de saint Ignace, par la prédication de retraites, l'accompagnement spirituel et l'enseignement, dans une vie contemplative apostolique inspirée du Cénacle de la Pentecôte.

Qu'est-ce que la grâce du « Se livrer » ?

Le 26 juin 1864, Thérèse reçut la révélation intérieure que toute la vie spirituelle se résume à se donner à Dieu « sans réserve et sans reprise », formule devenue le mot d'ordre du Cénacle.

Qui était l'abbé Terme ?

Jean-Pierre Étienne Terme (1791-1834), prêtre du diocèse de Viviers, missionnaire et fondateur des Sœurs de Saint-Régis, fut le co-fondateur du Cénacle et le premier directeur spirituel de Thérèse.

Pourquoi fut-elle déposée de sa charge ?

Accusée à tort de mauvaise gestion en 1838 par les autorités ecclésiastiques locales, elle accepta sa déposition sans se défendre et vécut <strong>quarante-sept ans</strong> dans l'effacement le plus humble.

Quand a-t-elle été canonisée ?

Béatifiée par Pie XI le 4 novembre 1951, elle fut <strong>canonisée par Paul VI le 10 mai 1970</strong>, en pleine réception du Concile Vatican II.

Sources