Vincent Ferrier (Vicent Ferrer)

Portrait de Vincent Ferrier
Portrait de Vincent Ferrier, <div class="fn value"> Unknown author<span style="display: none;">Unknown author</span></div> · Public domain.

Biographie de Vincent Ferrier

Vicente Ferrer naît à Valence le 23 janvier 1350, dans une famille catalane de notaires. Précoce, il entre chez les Frères Prêcheurs en 1367, prononce ses vœux solennels en 1368, et reçoit une formation théologique de premier ordre, Barcelone, Lleida, Toulouse, qui fera de lui un thomiste rigoureux et un thaumaturge populaire. Maître en théologie en 1389, il devient le confesseur et conseiller du cardinal aragonais Pedro de Luna, qui sera élu pape d'Avignon sous le nom de Benoît XIII en 1394, en pleine crise du Grand Schisme d'Occident. Sept années durant, Vincent demeure auprès de lui à Avignon, espérant une issue conciliaire ; déçu par l'obstination du pontife, il tombe gravement malade en 1398 : le Christ lui apparaît, accompagné de saint Dominique et de saint François, et lui ordonne de partir prêcher la pénitence par le monde, comme un nouvel « ange de l'Apocalypse » annonçant le jugement.

Le 22 novembre 1399, muni d'une lettre de mission pontificale, Vincent quitte Avignon et entreprend vingt années d'itinérance évangélique à travers l'Europe : Provence, Languedoc, Italie du Nord, Suisse, Savoie, Lombardie, Espagne, France, Flandres, et finalement Bretagne. Il prêche jusqu'à trois sermons par jour, en valencien, comprise miraculeusement, témoignent les chroniques, par les peuples germanophones, francophones ou bretons (« don des langues »). Plus de 15 000 sermons sont attestés, accompagnés de processions de flagellants, de conversions massives de juifs et de musulmans (lors de la Disputation de Tortosa, 1413-1414), et de centaines de miracles consignés au procès de canonisation. Au concile de Constance, son influence est décisive pour mettre fin au Schisme en 1417. Appelé par Jean V duc de Bretagne, il prêche à Nantes, Rennes, Dinan, et meurt épuisé à Vannes le 5 avril 1419. Canonisé le 29 juin 1455 par Calixte III, le pape valencien Borgia.

Effigie ou sceau de Vincent Ferrier
Effigie, sceau ou statue funéraire, <a href="//commons.wikimedia.org/w/index.php?title=User:Jainetty&amp;action=edit&amp;redlink=1" class="new" title="User:Jainetty (page does not exist)">Jainetty</a> · CC BY-SA 4.0.

Vie spirituelle et mission

La théologie de Vincent Ferrier est tout entière commandée par l'imminence du Jugement. Convaincu, à la suite de sa vision de 1398, d'être l'ange de l'Apocalypse 14, 6, « Craignez Dieu et rendez-lui gloire, car l'heure de son jugement est arrivée », il prêche un Évangile de conversion radicale, accompagné d'une eschatologie ardente. Mais cette eschatologie n'est pas désespérée : elle s'enracine dans la miséricorde du Christ Sauveur et dans la médiation des sacrements, la confession dont il fut un infatigable ministre. Sa prédication, simple, imagée, théâtrale, savait toucher autant les paysans bretons que les docteurs de Salamanque ; sa science thomiste, héritée du couvent dominicain, lui permettait des controverses serrées avec les rabbins de Tortosa ou les notables musulmans de Grenade. Vincent fut aussi l'un des grands artisans de la fin du Schisme d'Occident : c'est lui qui, le 6 janvier 1416 à Perpignan, retira en chaire son obédience à Benoît XIII, geste décisif qui prépara l'élection de Martin V à Constance (1417).

Scène iconique du règne de Vincent Ferrier
Scène iconique du règne, <a href="//commons.wikimedia.org/wiki/User:Jl_FilpoC" title="User:Jl FilpoC">Jl FilpoC</a> · CC BY-SA 4.0.

Postérité, culte et miracles

Le rayonnement posthume de Vincent fut immédiat et durable. Patron de Valence, de la Bretagne avec saint Yves, des couvreurs, des plombiers et des briquetiers (sa robe ne se mouillait jamais sous la pluie, dit la légende), il est invoqué contre les tremblements de terre et l'épilepsie. Son culte tisse un lien spirituel entre la Bretagne et l'Aragon : la cathédrale Saint-Pierre de Vannes, qui abrite son tombeau dans la chapelle qui lui est dédiée, demeure un haut lieu de pèlerinage hispanique en France. La Pardon annuel du 5 avril rassemble encore Bretons et Valenciens. Canonisé en 1455 à peine trente-six ans après sa mort, Vincent fut proclamé Angelus Apocalypsis par la liturgie dominicaine. Son corps repose en partie à Vannes, en partie à Valence, symbole vivant de cette double patrie qui fait sa singularité.

Sanctuaires et lieux de pèlerinage à visiter

1455-06-29 année de canonisation
5 avril fête liturgique

La cathédrale Saint-Pierre de Vannes abrite son tombeau et la chapelle Saint-Vincent-Ferrier, magnifique ensemble Renaissance financé par les ducs de Bretagne. Le couvent dominicain de Vannes (aujourd'hui disparu) gardait sa cellule mortuaire ; un fragment de relique y demeure. À Valence, la Casa Natalicia (rue del Mar) commémore sa naissance, et le couvent dominicain conserve d'autres reliques. En France, plusieurs paroisses bretonnes et provençales gardent mémoire de ses missions.

Anecdotes et iconographie

  • L'ange de l'Apocalypse, L'iconographie représente invariablement Vincent en habit dominicain, l'index dressé vers le ciel, parfois muni d'ailes : il est l'ange volant d'Apocalypse 14, 6, prêchant l'Évangile éternel à toute nation, tribu, langue et peuple..
  • Le don des langues, Les chroniques attestent que ses sermons en valencien étaient compris en Allemagne, en Flandre et en Bretagne, miracle linguistique qu'invoquera Pie II au concile de Mantoue (1459) pour exalter la sainteté du prédicateur..
  • La Disputation de Tortosa, De février 1413 à novembre 1414, Vincent participa à la plus longue controverse judéo-chrétienne du Moyen Âge : 21 séances devant Benoît XIII, qui aboutirent à plusieurs milliers de conversions..

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Questions fréquentes sur Vincent Ferrier

Pourquoi est-il mort à Vannes ?

Appelé par le duc Jean V de Bretagne pour prêcher la croisade et réformer les mœurs, il arriva en Bretagne en 1418 et y prêcha jusqu'à l'épuisement, mourant à Vannes le <strong>5 avril 1419</strong> chez le trésorier de la cathédrale.

Combien de sermons a-t-il prêchés ?

Les chroniques attestent plus de <strong>15 000 sermons</strong> en vingt années d'itinérance (1399-1419), parfois trois par jour, à travers une douzaine de pays européens.

Qu'est-ce que le « don des langues » qu'on lui prête ?

Vincent ne prêchait qu'en valencien, sa langue maternelle, mais les témoins du procès de canonisation attestèrent unanimement qu'il était compris des Allemands, Flamands et Bretons, charisme reconnu par Calixte III dans la bulle de canonisation.

Quand fut-il canonisé ?

<strong>Canonisé le 29 juin 1455 par Calixte III</strong> (le pape valencien Alfonso de Borja), trente-six ans seulement après sa mort, ce qui est exceptionnellement rapide pour le XVᵉ siècle.

Pourquoi est-il patron des couvreurs ?

Une légende rapporte qu'il sauva un couvreur tombé d'un toit en suspendant sa chute par la prière ; depuis, couvreurs, plombiers et briquetiers lui rendent un culte particulier, en Espagne et en Provence.

Sources