Saint Roch de Montpellier : pèlerin protecteur contre la peste, attribut du chien

Portrait de Roch
Portrait de Roch, Albrecht Dürer · Public domain.

Biographie de Roch

Roch naît vers 1340 à Montpellier, dans une famille de la haute bourgeoisie languedocienne. Orphelin à vingt ans, il distribue ses biens aux pauvres, confie l'administration des terres familiales à son oncle et revêt l'habit du pèlerin. Le bourdon à la main, l'écuelle au côté, il prend la route de Rome, suivant la grande voie qui mène à travers les Alpes les chrétiens d'Occident vers les tombeaux des apôtres.

L'Italie qu'il traverse est ravagée par la peste. À Acquapendente, puis à Cesena, à Rimini, à Novare, le jeune Montpelliérain s'arrête dans les hôpitaux et soigne les malades. La tradition rapporte qu'il opère de nombreuses guérisons par le simple signe de croix tracé sur les bubons. Parvenu à Rome vers 1368, il y séjourne plusieurs années, partageant son temps entre les sanctuaires des martyrs et les hospices.

Sur le chemin du retour, à Plaisance, Roch est lui-même atteint par la maladie. Refusant de contaminer les habitants, il se retire dans une forêt voisine, où il s'apprête à mourir. Selon la tradition la plus constante, un chien appartenant à un seigneur du voisinage lui apporte chaque jour un pain dérobé à la table de son maître ; ce dernier, intrigué, suit l'animal et découvre le pèlerin. Roch guérit, reprend la route et regagne sa patrie.

Méconnaissable au terme de tant d'épreuves, il est arrêté à Voghera comme espion et jeté en prison, où il meurt après cinq années de captivité, vers 1379. Son identité n'est révélée qu'après sa mort, par les marques qu'il portait depuis son enfance. Le culte se répand aussitôt, porté par la terreur des grandes épidémies qui ravagent l'Europe au XIVe et au XVe siècle.

Effigie ou sceau de Roch
Effigie, sceau ou statue funéraire, Carlo Crivelli (œuvre) / photo Sailko · CC BY-SA 3.0.

Vie spirituelle et mission

La vocation de Roch s'inscrit dans la grande tradition du pèlerinage médiéval, héritée des routes de Compostelle, de Rome et de Jérusalem. Mais elle prend une couleur particulière par la rencontre du pèlerin et du pestiféré : Roch ne se contente pas de marcher vers les sanctuaires, il s'arrête là où la souffrance le requiert. Sa charité s'exerce sans système ni institution, dans une mobilité évangélique qui rappelle celle des premiers disciples envoyés deux par deux. La maladie qui le frappe à son tour, et la solitude de la forêt où il agonise, parachèvent cette configuration au Christ souffrant que la dévotion populaire reconnaîtra immédiatement comme sa marque la plus pure.

Scène iconique du règne de Roch
Scène iconique du règne, Pierre Paul Rubens · Public domain.

Postérité, culte et miracles

Le culte de saint Roch connaît une diffusion fulgurante dans toute l'Europe à partir du XVe siècle. Les confréries Saint-Roch, fondées dans presque toutes les villes touchées par la peste, organisent processions, neuvaines et œuvres de miséricorde. Venise lui consacre une scuola monumentale, ornée par le Tintoret. Le concile de Constance, en 1414, invoque solennellement son intercession contre l'épidémie qui menace ses travaux. Canonisé tardivement par Urbain VIII en 1629, Roch demeure le patron des pestiférés, des pèlerins et, par extension, des chirurgiens et de tous ceux qui approchent la maladie. Son iconographie, fixée dès la fin du XVe siècle, le représente en pèlerin relevant son vêtement pour montrer le bubon de sa cuisse, accompagné du chien fidèle qui tient un pain dans sa gueule.

Sanctuaires et lieux de pèlerinage à visiter

1584 année de canonisation
16 août fête liturgique

La cathédrale Saint-Pierre de Montpellier conserve la mémoire du saint dans sa ville natale, où l'église Saint-Roch lui est dédiée. À Venise, la Scuola Grande di San Rocco abrite le tombeau du saint et le cycle peint par le Tintoret. Voghera, en Lombardie, conserve le lieu présumé de sa mort.

Anecdotes et iconographie

  • Le chien et le pain, Durant la maladie de Roch dans la forêt près de Plaisance, un chien lui apporta chaque jour un pain. L'animal devint son attribut iconographique constant et le symbole d'une providence concrète..
  • La marque de naissance, Selon la tradition, Roch portait depuis sa naissance une croix vermeille sur la poitrine. Ce signe permit, après sa mort en prison, d'identifier le pèlerin méconnu..
  • La scuola de Venise, La Scuola Grande di San Rocco, à Venise, fut entièrement décorée par Le Tintoret entre 1564 et 1587. Cet ensemble forme l'un des cycles iconographiques majeurs consacrés à un saint..

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Questions fréquentes sur Roch

Pourquoi saint Roch est-il invoqué contre les épidémies ?

Parce qu'il consacra sa vie de pèlerin à soigner les pestiférés en Italie au XIVe siècle, qu'il fut lui-même atteint par la peste et en guérit. Son intercession fut invoquée dans toute l'Europe lors des grandes épidémies.

Pourquoi est-il représenté avec un chien ?

Lorsqu'il agonisait dans une forêt près de Plaisance, un chien appartenant à un seigneur voisin lui apporta chaque jour un pain. Cet épisode devint son attribut iconographique principal.

Quand a-t-il été canonisé ?

Le pape Urbain VIII canonisa officiellement Roch en 1629, mais son culte populaire était déjà célébré dans toute l'Europe depuis le XVe siècle, avec l'approbation tacite de plusieurs papes.

Pourquoi est-il le patron des chirurgiens ?

Par extension de son patronage sur les pestiférés et de son ministère auprès des malades, les chirurgiens, qui ouvraient les bubons des pestiférés, l'adoptèrent comme protecteur dès le XVe siècle.

Quand est célébrée la fête de saint Roch ?

Le 16 août, jour traditionnel de sa mort, en 1379. Cette date est marquée par de nombreuses fêtes patronales et bénédictions d'animaux dans les pays de tradition catholique.

Sources