Saint Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars : patron des prêtres, sanctuaire d'Ars

Portrait de Curé d'Ars
Portrait de Curé d'Ars, Camille Dolard · CC0.

Biographie de Curé d'Ars

Jean-Marie-Baptiste Vianney naît le 8 mai 1786 à Dardilly, dans les monts du Lyonnais, au sein d'une famille paysanne chrétienne. Son enfance se déroule sous l'orage révolutionnaire : c'est dans des granges, devant des prêtres réfractaires, qu'il fait sa première communion clandestine vers 1799. De cette Église souffrante d'une France déchristianisée, il gardera toujours l'intuition que le sacerdoce est un combat.

L'appel à la prêtrise se heurte longtemps à l'insuffisance scolaire d'un jeune homme qui peine sur le latin. Conscrit malgré lui en 1809, déserteur involontaire, il connaît plusieurs mois de fuite avant l'amnistie de 1810. Recommencé, étudié au prix d'efforts surhumains soutenus par l'abbé Balley d'Écully, il est ordonné prêtre à Grenoble le 13 août 1815, à l'âge de vingt-neuf ans. Trois ans plus tard, en février 1818, son évêque l'envoie dans une obscure paroisse des Dombes : Ars-sur-Formans, deux cent trente âmes, une foi tiède.

Pendant quarante et un ans, jusqu'à sa mort, il ne quittera plus ce village. Au prix d'une ascèse stupéfiante, quelques heures de sommeil, une pomme de terre froide pour seul repas, une lutte spirituelle qu'il attribuait au démon qu'il nommait familièrement « le Grappin », il transforme la paroisse en foyer de conversion. Dès 1830, les pèlerins affluent. À partir de 1845, on compte jusqu'à cent vingt mille visiteurs par an ; la compagnie des chemins de fer ouvre un guichet « Ars » à la gare de Lyon-Perrache.

Le ministère du Curé d'Ars se concentre dans l'exercice héroïque de la pénitence : jusqu'à seize heures par jour au confessionnal, hiver comme été, la lecture des cœurs lui étant donnée par grâce mystique. Épuisé, il meurt le 4 août 1859. Le concours des fidèles à ses obsèques annonçait déjà la gloire à venir.

Effigie ou sceau de Curé d'Ars
Effigie, sceau ou statue funéraire, Laifen · CC BY-SA 3.0.

Vie spirituelle et mission

Vie spirituelle et mission

La spiritualité du Curé d'Ars tient en peu de mots qu'il aimait répéter : « Le sacerdoce, c'est l'amour du Cœur de Jésus. » Tout son ministère gravite autour de l'Eucharistie qu'il célébrait avec un recueillement qui frappait les visiteurs les plus distraits, et de la confession, où s'opérait le travail patient de la grâce. Sa prédication, simple jusqu'au dépouillement, refusait l'éloquence pour ne retenir que l'essentiel : la beauté de Dieu, la laideur du péché, la miséricorde plus grande encore. Mystique sans système, théologien par expérience, il incarne au XIXe siècle la figure du « bon pasteur » que l'Évangile dessine.

Scène iconique du règne de Curé d'Ars
Scène iconique du règne, Laifen · CC BY-SA 3.0.

Postérité, culte et miracles

Béatifié en 1905 par saint Pie X, canonisé le 31 mai 1925 par Pie XI, le Curé d'Ars est proclamé par le même pape patron de tous les curés de l'univers le 23 avril 1929, puis patron de tous les prêtres par Jean XXIII. Benoît XVI lui consacra l'Année sacerdotale 2009-2010, à l'occasion du cent-cinquantenaire de sa mort. Le sanctuaire d'Ars-sur-Formans accueille aujourd'hui près de 500 000 pèlerins par an ; on y vénère son corps incorrompu exposé dans la basilique. Au-delà des chiffres, son influence sur la théologie contemporaine du sacerdoce demeure considérable : à l'heure où la figure du prêtre est interrogée, celle du Curé d'Ars rappelle qu'aucune réforme ne saurait dispenser de la sainteté.

Sanctuaires et lieux de pèlerinage à visiter

1925 année de canonisation
4 août fête liturgique

Le sanctuaire d'Ars-sur-Formans (Ain), à 35 km au nord de Lyon, comprend la basilique abritant le corps incorrompu du saint, la vieille église paroissiale conservée intacte avec son confessionnal d'origine, et le presbytère où vécut le Curé. Le pèlerinage attire chaque année près d'un demi-million de fidèles, dont de nombreux séminaristes et prêtres venus du monde entier. À ne pas manquer non plus : la Maison du pèlerin et le chemin de croix dans les jardins.

Anecdotes et iconographie

  • « Je ne sais pas faire votre Ars », À son arrivée en 1818, désorienté par l'isolement du village, Vianney aurait demandé son chemin à un jeune berger. Au moment de le quitter, il lui dit : « Tu m'as montré le chemin d'Ars, je te montrerai celui du Ciel. » La stèle élevée à l'entrée du bourg perpétue le souvenir de cette rencontre..
  • L'iconographie populaire, Le Curé d'Ars est représenté en soutane noire élimée, étole violette de pénitencier, le visage maigre et les yeux cernés. Une statue célèbre du sculpteur Cabuchet, exécutée du vivant du saint, sert depuis de modèle à toute son iconographie..

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Questions fréquentes sur Curé d'Ars

Pourquoi le Curé d'Ars est-il patron des prêtres ?

Pie XI le proclama patron de tous les curés de l'univers en 1929 en raison de son zèle pastoral et de son ministère héroïque de la confession. Jean XXIII étendit ensuite ce patronage à l'ensemble des prêtres.

Combien de temps confessait-il chaque jour ?

Aux heures les plus chargées du pèlerinage, le Curé d'Ars passait jusqu'à <strong>seize à dix-huit heures par jour</strong> au confessionnal, n'accordant que quelques heures au sommeil et à la célébration de la messe.

Son corps est-il vraiment incorrompu ?

Lors de l'exhumation de 1904, en vue de la béatification, le corps fut trouvé dans un état de conservation remarquable bien que non parfait. Il est aujourd'hui exposé dans une châsse de la basilique, le visage recouvert d'un masque de cire.

Qu'est-ce que « le Grappin » ?

C'est le nom familier que le Curé donnait au démon qui l'aurait tourmenté pendant trente-cinq ans, troublant ses nuits par bruits violents et apparitions. Les témoignages contemporains, recueillis lors du procès de canonisation, attestent ces phénomènes.

Quand est sa fête liturgique ?

L'Église célèbre saint Jean-Marie Vianney le <strong>4 août</strong>, jour anniversaire de sa mort en 1859.

Sources