Jean Eudes

Portrait de Jean Eudes
Portrait de Jean Eudes, <bdi><a href="//commons.wikimedia.org/wiki/Category:17th-century_paintings,_artist,_location_and_year_missing" title="Category:17th-century paintings, artist, location and year missing">Unidentified p · Public domain.

Biographie de Jean Eudes

Né le 14 novembre 1601 à Ri, en pays d'Argentan, Jean Eudes appartient à cette génération bénie qui vit éclore l'École française de spiritualité. Élève des jésuites de Caen, il entre en 1623 à l'Oratoire de France fondé par Pierre de Bérulle ; il y reçoit la formation théocentrique et christocentrique qui marquera toute son œuvre. Ordonné prêtre le 20 décembre 1625, il s'illustre durant les épidémies de peste de 1627 et 1631 en Normandie, vivant lui-même dans un tonneau pour ne pas contaminer ses confrères. Missionnaire infatigable, il prêche pendant vingt ans des missions paroissiales en Normandie, en Bretagne et jusqu'à Paris, plus de cent dix missions attestées, dont la prédication moderne fait remonter à lui les méthodes pastorales.

En 1641, frappé par la condition des prostituées qu'il rencontrait dans les missions, il fonde à Caen la Congrégation Notre-Dame de Charité pour leur réhabilitation (souche dont sortira au XIXᵉ siècle Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur). Surtout, le 25 mars 1643, après sa rupture avec l'Oratoire, il fonde la Congrégation de Jésus et Marie, les Eudistes, vouée à la formation du clergé dans des séminaires diocésains, réponse concrète aux décrets tridentins encore mal appliqués en France. Théologien fécond, auteur du Royaume de Jésus (1637), du Mémorial de la vie ecclésiastique et du grand traité Le Cœur admirable de la très sacrée Mère de Dieu (1681, posthume), il meurt à Caen le 19 août 1680. Béatifié par Pie X en 1909, il est canonisé par Pie XI le 31 mai 1925.

Effigie ou sceau de Jean Eudes
Effigie, sceau ou statue funéraire, <a href="//commons.wikimedia.org/wiki/User:Roi.dagobert" title="User:Roi.dagobert">Roi.dagobert</a> · CC BY-SA 3.0.

Vie spirituelle et mission

L'apport théologique de Jean Eudes est immense, et l'Église l'a reconnu comme « père, docteur et apôtre du culte liturgique des Cœurs de Jésus et de Marie » (décret de Pie X, 1909). Bien avant les apparitions de Paray-le-Monial à sainte Marguerite-Marie (1673-1675), Jean Eudes obtient l'approbation épiscopale de l'office et de la messe propre du Cœur de Marie célébrée pour la première fois le 8 février 1648, puis du Cœur de Jésus célébré le 20 octobre 1672. Sa théologie unit indissolublement les deux Cœurs dans une unique adoration, voyant en eux la source de la vie chrétienne et le sanctuaire de la charité divine. Cette intuition, mûrie pendant trente ans avant Paray, prépare providentiellement la grande révélation visitandine et la fait recevoir dans l'Église : c'est en ce sens précis que Jean Eudes est « précurseur du Sacré-Cœur », frayant la voie liturgique sur laquelle Marguerite-Marie et Claude La Colombière inscriront ensuite la promesse du Christ.

Scène iconique du règne de Jean Eudes
Scène iconique du règne, Unknown author<span style="display: none;">Unknown author</span> · Public domain.

Postérité, culte et miracles

Les Eudistes, dispersés à la Révolution (cinq d'entre eux, les Bienheureux Martyrs de Laval, sont guillotinés en 1794), renaissent au XIXᵉ siècle sous l'impulsion du Père Louis-Marie Blanchard ; ils essaiment en Amérique latine, en Afrique et en Asie, comptant aujourd'hui environ quatre cents prêtres dans une vingtaine de pays. Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur d'Angers, refondée par sainte Marie-Euphrasie Pelletier (1796-1868) sur la souche eudésienne, devient la plus grande congrégation féminine du XIXᵉ siècle. Mais le legs majeur de saint Jean Eudes reste la dévotion liturgique au Sacré-Cœur qu'il a, le premier en Occident, inscrite dans le calendrier de l'Église, préparant les épanouissements de Paray, l'inscription au calendrier universel par Clément XIII (1765), et l'encyclique Haurietis aquas de Pie XII (1956).

Sanctuaires et lieux de pèlerinage à visiter

1925-05-31 année de canonisation
19 août fête liturgique

L'église Notre-Dame de Caen abrite son tombeau, dans la chapelle du Sacré-Cœur ; la maison natale de Ri (Orne) se visite, ainsi que le séminaire de Caen qu'il fonda. À Paris, l'oratoire du Louvre rappelle ses années oratoriennes. Les sanctuaires eudésiens des deux Cœurs jalonnent encore la Normandie et la Bretagne, étapes naturelles d'un pèlerinage du Sacré-Cœur français en compagnie de Paray-le-Monial.

Anecdotes et iconographie

  • Le tonneau de la peste, Durant la peste d'Argentan en 1631, Jean Eudes prit l'habit des pestiférés et vécut dans un tonneau, hors les murs, pour célébrer les sacrements sans contaminer ses frères de l'Oratoire..
  • Les deux Cœurs unis, L'iconographie eudésienne représente toujours les Cœurs de Jésus et de Marie unis ou côte à côte, traduisant l'intuition centrale du saint : « Le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie ne sont qu'un seul Cœur. ».
  • Le « Royaume de Jésus », Son traité de 1637, dédicacé à Anne d'Autriche, devient le manuel spirituel de toute une génération sacerdotale française et inspirera jusqu'à Olier et Montfort..

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Questions fréquentes sur Jean Eudes

Pourquoi appelle-t-on Jean Eudes le « précurseur du Sacré-Cœur » ?

Parce qu'il célébra liturgiquement la fête du Cœur de Jésus dès le <strong>20 octobre 1672</strong>, soit avant les apparitions de Paray-le-Monial (1673-1675), et celle du Cœur de Marie dès 1648, ouvrant ainsi la voie ecclésiale à la grande dévotion.

Quel rapport avec sainte Marguerite-Marie Alacoque ?

Aucun lien direct, mais une providentielle préparation : la doctrine et la liturgie élaborées par Jean Eudes ont permis à l'Église de recevoir et d'authentifier les révélations privées faites à Marguerite-Marie peu après.

Qu'est-ce que les Eudistes ?

Congrégation de Jésus et Marie, fondée en <strong>1643</strong> pour la formation du clergé diocésain dans des séminaires propres, et pour la prédication de missions paroissiales, toujours active aujourd'hui sur quatre continents.

Quand a-t-il été canonisé ?

Béatifié par Pie X le 25 avril 1909, il fut <strong>canonisé par Pie XI le 31 mai 1925</strong>, en même temps que Madeleine-Sophie Barat et Marie-Madeleine Postel.

Quels sont ses écrits majeurs ?

<em>Le Royaume de Jésus</em> (1637), <em>Le Cœur admirable de la très sacrée Mère de Dieu</em> (1681) et le <em>Mémorial de la vie ecclésiastique</em> forment la trilogie de sa pensée, christocentrique, mariale et sacerdotale.

Sources