Claude La Colombière

Portrait de Claude La Colombière
Portrait de Claude La Colombière, · Public domain.

Biographie de Claude La Colombière

Claude La Colombière naît le 2 février 1641 à Saint-Symphorien-d'Ozon, en Dauphiné, dans une famille bourgeoise de notaires. Élève des jésuites de Lyon (Collège de la Trinité), il entre à 17 ans, le 25 octobre 1658, au noviciat jésuite d'Avignon. Ses talents littéraires et oratoires sont remarquables : précepteur des fils du surintendant Jean-Baptiste Colbert, professeur d'humanités à Avignon, il est ordonné prêtre en 1669. Après son tertianat à Lyon (1674), au cours duquel il fait le vœu héroïque d'observer parfaitement les Constitutions et les Règles de la Compagnie, il est nommé en février 1675 recteur du petit collège jésuite de Paray-le-Monial, en Bourgogne, affectation modeste qui se révélera providentielle.

À Paray, il devient confesseur extraordinaire des Visitandines du monastère où vit, depuis 1671, une humble sœur de 28 ans, Marguerite-Marie Alacoque. Celle-ci reçoit depuis le 27 décembre 1673 les grandes apparitions du Sacré-Cœur de Jésus, mais ses sœurs et ses supérieures la croient fragile, voire illusionnée. Dès leur première rencontre en février 1675, Claude La Colombière reconnaît l'authenticité divine de ces grâces et devient son directeur spirituel ; ensemble, ils diffusent prudemment la nouvelle dévotion. En septembre 1676, envoyé en mission à Londres comme prédicateur de la duchesse Marie de Modène, épouse du futur roi catholique Jacques II, il y exerce un apostolat clandestin auprès des catholiques anglais, jusqu'à son arrestation lors du faux Complot papiste de Titus Oates (novembre 1678). Emprisonné à la King's Bench, gravement éprouvé dans sa santé par l'humidité des cachots, il est expulsé d'Angleterre en décembre 1678. De retour en France, il prêche encore quelques années à Lyon et Paray, mais miné par la tuberculose, meurt à Paray-le-Monial le 15 février 1682, âgé de seulement 41 ans. Béatifié par Pie XI en 1929, canonisé par Jean-Paul II le 31 mai 1992.

Effigie ou sceau de Claude La Colombière
Effigie, sceau ou statue funéraire, <a href="//commons.wikimedia.org/wiki/User:CHABERT_Louis" title="User:CHABERT Louis">CHABERT Louis</a> · CC BY-SA 4.0.

Vie spirituelle et mission

L'apport décisif de Claude La Colombière à l'Église réside dans son rôle d'authentificateur des révélations du Sacré-Cœur. À Paray-le-Monial en 1675, lorsque Marguerite-Marie reçoit la « Grande Apparition » du 16 juin (le Christ lui montrant son Cœur transpercé, demandant l'institution d'une fête liturgique du Sacré-Cœur le vendredi après l'octave du Saint-Sacrement, et la communion réparatrice du premier vendredi du mois), c'est Claude La Colombière qui, par sa science théologique jésuite, son discernement spirituel rigoureux et son autorité personnelle, lui donne la certitude qu'elle ne se trompe pas et qu'elle doit obéir au Christ. Plus encore : il se consacre lui-même publiquement au Sacré-Cœur dès 1675, devenant ainsi le premier homme de l'Église à recevoir et à propager officiellement cette dévotion. Ses Lettres, son Journal des retraites spirituelles (publié posthume en 1684) et ses Sermons constituent un monument de spiritualité ignatienne au cœur du Grand Siècle, et le premier corpus théologique du culte du Sacré-Cœur. Sans lui, Paray ne serait sans doute jamais devenu Paray ; sans lui, les promesses faites à Marguerite-Marie n'auraient peut-être pas trouvé leur chemin dans l'Église universelle. La providence l'a placé là pour deux brèves années (1675-1676) qui ont changé l'histoire spirituelle de l'Occident catholique.

Scène iconique du règne de Claude La Colombière
Scène iconique du règne, <a href="//commons.wikimedia.org/wiki/User:Benjism89" title="User:Benjism89">Benjamin Smith</a> · CC BY-SA 4.0.

Postérité, culte et miracles

L'union spirituelle de Claude La Colombière et de Marguerite-Marie Alacoque demeure dans l'histoire de l'Église l'un des couples mystiques les plus féconds, comparable, toute proportion gardée, à celui de Jeanne de Chantal et François de Sales un demi-siècle plus tôt. La dévotion au Sacré-Cœur, prudemment propagée par les jésuites au XVIIIᵉ siècle, officiellement reconnue par Clément XIII en 1765 (fête liturgique pour la Pologne et l'Archiconfrérie romaine), étendue à l'Église universelle par Pie IX en 1856, magnifiée par les encycliques Annum sacrum de Léon XIII (1899) et Haurietis aquas de Pie XII (1956), trouve dans le binôme Marguerite-Marie / La Colombière son fondement charismatique. Béatifié en 1929, canonisé par Jean-Paul II le 31 mai 1992, date où il fut associé symboliquement à sa pénitente, canonisée elle-même en 1920 par Benoît XV. Ses reliques sont conservées dans la chapelle de la Visitation de Paray-le-Monial, à quelques mètres de celles de sainte Marguerite-Marie : pèlerinage majeur du Sacré-Cœur, qui complète idéalement, dans la spiritualité française, l'héritage de saint Jean Eudes et précède les épanouissements du Père Mateo Crawley-Boevey au XXᵉ siècle.

Sanctuaires et lieux de pèlerinage à visiter

1992-05-31 année de canonisation
15 février fête liturgique

Le sanctuaire de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) abrite la chapelle de la Visitation où reposent côte à côte saint Claude La Colombière et sainte Marguerite-Marie, pèlerinage international du Sacré-Cœur. La maison natale de Saint-Symphorien-d'Ozon (Rhône) se visite. L'ancien collège jésuite de Paray (aujourd'hui musée du Hiéron) garde mémoire de son rectorat. À Londres, l'ambassade royale catholique de Saint James (chapelle de la Reine) commémore son ministère anglais.

Anecdotes et iconographie

  • Le vœu héroïque de 1674, Lors de son tertianat à Lyon, Claude prononça le vœu héroïque d'observer parfaitement, jusqu'au moindre détail, toutes les Constitutions et Règles de la Compagnie de Jésus, engagement extrême qu'il tint jusqu'à la mort..
  • La Grande Apparition du 16 juin 1675, L'iconographie représente souvent Claude La Colombière agenouillé aux côtés de Marguerite-Marie devant le Cœur du Christ apparaissant, scène qui synthétise la naissance officielle de la dévotion..
  • Le cachot de la King's Bench, Emprisonné à Londres en novembre 1678 lors du faux complot papiste de Titus Oates, il y contracta la tuberculose qui l'emporta quatre ans plus tard à Paray..

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Questions fréquentes sur Claude La Colombière

Quel fut son rôle auprès de sainte Marguerite-Marie ?

Confesseur extraordinaire des Visitandines de Paray dès février 1675, il fut le premier à <strong>authentifier les apparitions du Sacré-Cœur</strong> reçues par Marguerite-Marie depuis le 27 décembre 1673, lui donnant la certitude théologique de leur origine divine.

Pourquoi est-il allé à Londres ?

Envoyé en septembre 1676 comme prédicateur de la duchesse <strong>Marie de Modène</strong>, épouse du futur Jacques II d'Angleterre, pour exercer un apostolat catholique discret à la cour ; arrêté en 1678 lors du faux complot papiste de Titus Oates, il fut emprisonné puis expulsé.

Pourquoi est-il mort si jeune ?

Atteint de tuberculose contractée dans les cachots humides de la King's Bench à Londres (1678), sa santé déclina rapidement après son retour en France ; il mourut à <strong>Paray-le-Monial le 15 février 1682</strong>, à 41 ans seulement.

Quand a-t-il été canonisé ?

Béatifié par Pie XI le 16 juin 1929 (jour anniversaire de la Grande Apparition), il fut <strong>canonisé par Jean-Paul II le 31 mai 1992</strong>, à Rome.

Quel rapport avec saint Jean Eudes ?

Saint Jean Eudes (1601-1680), précurseur liturgique du Sacré-Cœur dès 1672, et saint Claude La Colombière, authentificateur des apparitions de Paray (1675), sont les deux pôles complémentaires de la grande dévotion au Sacré-Cœur dans l'Église catholique.

Sources