Charles Eugène de Foucauld de Pontbriand
Biographie de Charles de Foucauld
Né à Strasbourg le 15 septembre 1858, Charles de Foucauld traverse une jeunesse dorée et dissipée : orphelin à six ans, héritier d'une fortune considérable, il entre à Saint-Cyr puis à Saumur, et mène une vie d'officier insouciante. Son intelligence aiguë, masquée sous l'ennui mondain, se réveille pourtant lors de l'expédition du Sud-Oranais (1881) : la rigueur du désert, la fraternité d'armes, la dignité des populations musulmanes le marquent durablement. Démissionnaire de l'armée en 1882, il entreprend seul, déguisé en juif marocain, une reconnaissance scientifique du Maroc (1883-1884) qui demeure un classique de la géographie. Honoré par la Société de Géographie, il revient à Paris auréolé de gloire, mais habité par une inquiétude grandissante. La piété de sa cousine Marie de Bondy, l'exemple discret de l'abbé Henri Huvelin à Saint-Augustin, achèvent de le précipiter dans une conversion bouleversante en octobre 1886 : « Aussitôt que je crus qu'il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour Lui. »
Pèlerin en Terre sainte, trappiste à Notre-Dame des Neiges puis à Akbès en Syrie (1890-1897), il cherche obstinément la « dernière place ». Trop austère même pour la Trappe, il devient ermite-domestique des Clarisses de Nazareth, vit dans une cabane et médite l'Évangile. Ordonné prêtre à Viviers en 1901, il rejoint le Sahara : d'abord Béni-Abbès (1901-1904), où il rêve d'une « fraternité » contemplative et hospitalière, puis le Hoggar et Tamanrasset (1905-1916) parmi les Touaregs. Linguiste de génie, il compose un dictionnaire touareg-français en quatre volumes et recueille leur poésie. Le soir du 1ᵉʳ décembre 1916, dans le contexte trouble de la Senoussiya, il est tué d'une balle devant son ermitage. Son corps repose à El Goléa.
Vie spirituelle et mission
La vie spirituelle de frère Charles est tout entière polarisée par l'imitation de Jésus de Nazareth : non le Christ glorieux, mais le Verbe caché trente ans dans l'atelier d'un artisan. De cette intuition naît une mystique de la présence eucharistique silencieuse au cœur des peuples étrangers à l'Évangile. Frère Charles ne prêche pas, ne baptise presque personne ; il « crie l'Évangile par sa vie », selon sa formule devenue célèbre. Sa mission au Sahara n'est pas de conquête mais d'amitié : apprendre la langue, partager le pain, « se faire le frère universel ». Cette spiritualité de la « Visitation », porter le Christ à ceux qui ne Le connaissent pas, par la seule densité d'une vie offerte, renouvelle la théologie missionnaire du XXᵉ siècle et trouvera son expression conciliaire dans Ad Gentes.
Postérité, culte et miracles
De son vivant, frère Charles ne rassembla aucun disciple : son projet de « Petits Frères » resta lettre morte. Mais sa Règle et ses écrits, recueillis par René Bazin (1921), suscitèrent une postérité spirituelle considérable. En 1933, le Père René Voillaume fonde les Petits Frères de Jésus à El Abiodh, bientôt suivis des Petites Sœurs de Jésus de Petite Sœur Magdeleine (1939) et de nombreuses fraternités sacerdotales et laïques. Béatifié par Benoît XVI le 13 novembre 2005, frère Charles fut canonisé par le pape François le 15 mai 2022, place Saint-Pierre, en compagnie de saint César de Bus. Sa figure inspire aujourd'hui une Église attentive aux périphéries, au dialogue islamo-chrétien et à la contemplation enracinée dans le travail ordinaire, ce que nos saints français de Phase 1 préfiguraient déjà dans la diversité de leurs charismes.
Sanctuaires et lieux de pèlerinage à visiter
On peut se recueillir devant son tombeau à El Goléa (Algérie), prier dans son ermitage reconstitué de Tamanrasset, ou visiter à Strasbourg sa maison natale et l'église Saint-Pierre-le-Vieux où il fut baptisé. En France, l'église Saint-Augustin de Paris (8ᵉ) conserve le confessionnal du Père Huvelin où s'opéra sa conversion ; le sanctuaire de Notre-Dame des Neiges (Ardèche) garde mémoire de son noviciat trappiste.
Anecdotes et iconographie
- Le burnous blanc, L'iconographie représente frère Charles vêtu de la gandoura blanche frappée du Cœur de Jésus surmonté d'une croix, habit qu'il dessina lui-même en 1896 et qu'il porta jusqu'à sa mort..
- Le dictionnaire touareg, Son <em>Dictionnaire touareg-français</em> (4 vol., 6 000 pages) demeure une référence pour les berbérisants : œuvre d'un saint qui sanctifia la philologie..
- La cassolette eucharistique, Au Hoggar, ne pouvant célébrer sans un second chrétien, frère Charles passait des semaines entières privé de Messe : il vivait alors d'une « adoration de désir » devant la cassolette portant le Saint-Sacrement..
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Questions fréquentes sur Charles de Foucauld
Pourquoi Charles de Foucauld est-il appelé « frère universel » ?
Cette expression, qu'il forgea lui-même, traduit son désir de se faire le frère de tout homme, chrétien, musulman, juif, esclave ou nomade, par-delà les frontières confessionnelles, à l'image du Christ de Nazareth.
A-t-il converti des Touaregs ?
Non, et ce ne fut jamais son projet immédiat. Frère Charles voulait d'abord établir une présence d'amitié et de prière, persuadé que la conversion viendrait, en son temps, par le rayonnement silencieux de l'Évangile vécu.
Quand a-t-il été canonisé ?
Charles de Foucauld a été <strong>canonisé le 15 mai 2022</strong> par le pape François, après une béatification par Benoît XVI le 13 novembre 2005.
Quel lien avec les Petits Frères de Jésus ?
Frère Charles n'a fondé aucune congrégation de son vivant ; ce sont ses écrits qui inspirèrent en 1933 le Père René Voillaume pour fonder les Petits Frères de Jésus, première de nombreuses familles spirituelles foucauldiennes.
Qui l'a assassiné en 1916 ?
Il fut tué le 1ᵉʳ décembre 1916 par un groupe armé lié à la rébellion senoussie qui agitait alors le Sahara central, dans le contexte troublé de la Première Guerre mondiale.
Sources
- Wikipédia, Charles Eugène de Foucauld de Pontbriand.