Notre Père

Peinture représentant le Christ enseignant le Sermon sur la Montagne, instant où il livre le Notre Père à ses disciples
Carl Bloch, Le Sermon sur la Montagne (XIXe s.), scène évangélique de la transmission du Pater, This Photo was taken by Wolfgang Moroder. Feel free to use my photos, but please mention me as the author and send me a message. This image is not in the public domain. Please respect the copyright protection. It may only be used according to the rules mentioned here. This specifically excludes use in social media, if applicable terms of the licenses listed here not appropriate. Please do not upload an updated image here without consultation with the Author. The author would like to make corrections only at his own source. This ensures that the changes are preserved.Please if you think that any changes should be required, please inform the author.Otherwise you can upload a new image with a new name. Please use one of the templates derivative or extract., Source : Wikimedia Commons (Public domain)

Pater Noster, Pater Noster : texte latin et français, histoire, structure des sept demandes et méthode bénédictine pour prier le Notre Père au quotidien.

Fiche de synthèse

Titre latin
Pater Noster
Type
oraison dominicale
Siècle d'origine
Ier siècle
Auteur attribué
Notre Seigneur Jésus-Christ
Usage liturgique
Récité à chaque Messe (rite de communion, après la prière eucharistique), à chacune des heures de l'Office divin (Laudes, Vêpres, Complies notamment), au début et à la fin du Rosaire, et à l'introduction de chaque dizaine. Présent dans le Baptême, l'Onction des malades et toute liturgie sacramentelle.
Type
Oraison dominicale (donnée par le Christ)
Origine
Ier siècle, Évangiles de Matthieu et Luc
Auteur
Notre Seigneur Jésus-Christ
Source biblique
Matthieu 6,9-13 ; Luc 11,2-4
Usage liturgique
Messe, Office divin, Rosaire
Révision française
Traduction liturgique de 2017
Statut
Prière universelle de tous les baptisés

Histoire et contexte

Le Pater Noster est la prière enseignée directement par Jésus-Christ à ses disciples, rapportée dans deux versions évangéliques : Mt 6,9-13 (Sermon sur la Montagne) et Lc 11,2-4. Dès le Ier siècle, la Didachè (chap. 8) prescrit sa récitation trois fois par jour. Tertullien la nomme « breviarium totius Evangelii ». Le texte latin de la Vulgate hiéronymienne (IVe-Ve siècle) s'est imposé dans la liturgie occidentale. La traduction française liturgique a été révisée en 2017 (« ne nous laisse pas entrer en tentation »), corrigeant la formule de 1966 jugée théologiquement ambiguë par la CEF.

Texte latin

Pater noster, qui es in cælis, sanctificetur nomen tuum. Adveniat regnum tuum. Fiat voluntas tua, sicut in cælo et in terra. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie, et dimitte nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris. Et ne nos inducas in tentationem, sed libera nos a malo. Amen.

Texte français

Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.

Commentaire spirituel

Le Pater Noster n'est pas une prière parmi d'autres : il est, selon la formule de Tertullien, « breviarium totius Evangelii », l'abrégé de tout l'Évangile. Sa structure dévoile la pédagogie même du Christ : trois demandes tournées vers le Père (que ton Nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite), puis quatre demandes pour notre nécessité (le pain, le pardon, l'épreuve, la délivrance du Mal). Cette double table, qui n'est pas sans rappeler le Décalogue, oriente l'âme vers Dieu avant de l'incliner sur ses besoins.

Saint Cyprien, dans son De Dominica oratione, montre que la simple invocation « Notre Père » contient déjà toute la théologie : nous appelons Dieu Père parce que le Fils nous a engendrés à la vie trinitaire par le baptême. Saint Thomas, dans la Somme (II-II, q. 83, a. 9), la nomme « la plus parfaite des prières », car elle ne demande que ce qu'il faut désirer, et dans l'ordre où il faut le désirer. La demande du pain, panem nostrum quotidianum, est lue dès les Pères en triple registre : pain matériel, pain de la Parole, pain eucharistique.

La révision française de 2017 (« ne nous laisse pas entrer en tentation ») a corrigé une formule de 1966 que la CEF jugeait théologiquement ambiguë : Dieu ne tente personne (Jc 1,13), mais permet l'épreuve. Le verbe grec eisenenkēs demande à n'être pas conduit dans l'heure du combat, ou à en être tiré.

Comment prier le Notre Père

À la maison, ouvrez le jour et fermez la nuit par le Pater, lentement, en marquant un temps après chaque demande pour la laisser descendre dans le cœur. La Didachè (chap. 8) prescrit trois récitations quotidiennes : matin, midi, soir, usage repris par l'Angélus latin. Au Rosaire, le Pater introduit chaque dizaine et donne son ton aux dix Ave qui suivent. Pendant la Messe, joignez-vous à voix haute au chant de l'Ordinaire, debout, mains ouvertes selon la rubrique romaine. Pour une lectio personnelle, prenez chaque demande comme thème de méditation pendant une semaine entière : sept semaines suffisent à en parcourir l'abîme.

Fresque dominicaine du XVe siècle représentant le Christ enseignant le Pater à ses apôtres rassemblés
Fra Angelico, Le Sermon sur la Montagne (1437-1446), couvent San Marco, Florence, Fra Angelico, Source : Wikimedia Commons (Public domain)

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre la version de Matthieu et celle de Luc ?

Matthieu 6,9-13 livre la version longue en sept demandes, intégrée au Sermon sur la Montagne ; Luc 11,2-4 en donne une version brève en cinq demandes, en réponse à une question des disciples. La liturgie occidentale a retenu la version matthéenne.

Pourquoi la traduction française a-t-elle été modifiée en 2017 ?

La formule « ne nous soumets pas à la tentation » (1966) suggérait que Dieu pouvait pousser au péché, ce que contredit l'épître de Jacques (Jc 1,13). La CEF a adopté « ne nous laisse pas entrer en tentation », plus fidèle au sens du verbe grec et à la tradition patristique.

Le Pater contient-il une doxologie finale ?

La formule « Car c'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire » (doxologie de la Didachè) n'appartient pas au texte évangélique. Elle est dite dans la liturgie romaine après l'embolisme du prêtre, et toujours par les Églises orientales et la liturgie protestante.

Pour aller plus loin

  • Tertullien, De oratione, ch. 1-9 (commentaire patristique le plus ancien du Pater)
  • Saint Cyprien de Carthage, De Dominica oratione (vers 252)
  • Catéchisme de l'Église catholique, §§ 2759-2865, « La prière du Seigneur Notre Père »