Gloire au Père

Icône orthodoxe de la Trinité par Andreï Roublev, représentation iconographique de la doxologie trinitaire
Andreï Roublev, Icône de la Sainte Trinité (vers 1411), Galerie Tretiakov, Moscou, Andrei Rublev, Source : Wikimedia Commons (Public domain)

Gloria Patri, Gloria Patri : texte latin et français, doxologie trinitaire née aux IIe-IVe siècles, usage à l'Office divin et au Rosaire.

Fiche de synthèse

Titre latin
Gloria Patri
Type
doxologie
Siècle d'origine
IIe-IVe siècle
Auteur attribué
Formule liturgique (doxologie trinitaire)
Usage liturgique
Récité à la fin de chaque psaume et cantique de la Liturgie des Heures (Office divin), à la conclusion de chaque dizaine du Rosaire, à l'Introït de la Messe (forme tridentine), à la fin du Magnificat, du Benedictus et du Nunc dimittis, et dans de nombreuses dévotions privées (chapelet de la Miséricorde, neuvaines).
Type
Doxologie trinitaire (mineure)
Origine
IIe-IVe siècles, formulaire baptismal
Auteur
Anonyme (formation patristique)
Forme stabilisée
Concile de Tolède (633), seconde partie ajoutée
Usage liturgique
Conclusion de chaque psaume à l'Office, Rosaire, antiphonaires
Adressée
Au Père, au Fils et au Saint-Esprit
Statut
Acclamation universelle de la prière chrétienne

Histoire et contexte

Le Gloria Patri, dite « petite doxologie » (par opposition au Gloria in excelsis, grande doxologie), est la conclusion de louange trinitaire qui suit chaque psaume et cantique de l'Office divin. Sa première partie « Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto » dérive de la formule baptismale de Mt 28,19 et est attestée dès la fin du IIe siècle (martyrs de Lyon, Polycarpe). La seconde partie « Sicut erat in principio... » est ajoutée au IVe siècle, en Occident, en réaction à l'arianisme, pour souligner l'éternité du Fils. Le Concile de Vaison (529) en généralise l'usage à toute la Gaule à la fin de chaque psaume.

Texte latin

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in sæcula sæculorum. Amen.

Texte français

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Commentaire spirituel

Le Gloria Patri, ou « doxologie mineure », est l'une des plus anciennes prières de l'Église. Sa première partie (« Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit ») reflète la formule baptismale de Matthieu 28,19. Au IVe siècle, contre l'arianisme qui voulait dire « Gloire au Père par le Fils dans l'Esprit », laissant entendre une subordination, l'Église a fixé le « et » coordonnant qui place les trois Personnes sur un même plan. Saint Basile, dans son Traité du Saint-Esprit (374), défend cette formule comme un rempart de la foi trinitaire.

La seconde partie (« Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in saecula saeculorum, Amen ») fut ajoutée pour signifier l'éternité de la gloire trinitaire : telle elle était au commencement (avant tous les siècles), elle est maintenant et le sera toujours. Le Concile de Tolède (633) sanctionne cette extension. Dans la liturgie monastique, chaque psaume de l'Office se termine par cette doxologie, transformant la prière vétérotestamentaire en confession trinitaire chrétienne. C'est le souffle même de la laus perennis, la louange perpétuelle.

Au Rosaire, le Gloria conclut chaque dizaine après les dix Ave : il scelle la contemplation du mystère christique par une remontée à la source trinitaire. Sa brièveté, vingt-trois mots latins, en fait une formule qu'on peut graver dans la mémoire et glisser à tout instant du jour, comme un signe de croix vocal.

Comment prier le Gloire au Père

Dom Guéranger conseillait aux moines de chanter le Gloria Patri à la fin de chaque psaume avec une inclination profonde, en signe d'adoration trinitaire. Reprenez ce geste à la maison : à la fin des psaumes lus dans la lectio divina, ou à chaque dizaine du Rosaire. Pour ponctuer le jour, récitez-le aux moments de transition (réveil, repas, coucher) : c'est une bénédiction trinitaire qui ne prend que quelques secondes. À l'Office monastique, la Schola Solesmensis chante les huit tons psalmodiques avec leurs terminaisons propres pour le Gloria, chef-d'œuvre liturgique.

Reproduction haute résolution de l'icône de la Trinité de Roublev, image méditative pour la louange Gloria Patri
Andreï Roublev, La Trinité (haute résolution, Google Art Project), chef-d'œuvre de l'iconographie trinitaire, Andrei Rublev, Source : Wikimedia Commons (Public domain)

Questions fréquentes

Pourquoi dit-on doxologie « mineure » ?

Pour la distinguer de la doxologie « majeure » (le Gloria in excelsis Deo de la Messe), beaucoup plus longue. La mineure est brève et sert de conclusion ordinaire aux psaumes ; la majeure est un hymne à part entière.

Que signifie « sicut erat in principio » ?

« Comme il était au commencement » : la gloire trinitaire est éternelle. Avant la création, elle était déjà ; elle l'est aujourd'hui ; elle le sera dans les siècles des siècles. Cette formule contredit toute idée d'un Fils ou d'un Esprit créés dans le temps.

Pourquoi conclut-on chaque psaume par le Gloria ?

Pour conférer aux psaumes vétérotestamentaires leur achèvement chrétien. Les psaumes prient le Dieu un d'Israël ; la doxologie christianise leur usage en les ramenant à la révélation trinitaire pleinement manifestée dans le Christ.

Pour aller plus loin

  • Saint Basile de Césarée, Traité du Saint-Esprit, ch. 25-29 (origine trinitaire de la doxologie)
  • Dom Prosper Guéranger, Institutions liturgiques, t. I, ch. 13
  • Robert Taft, The Liturgy of the Hours in East and West, Liturgical Press, 1986