Gloire au Père
Gloria Patri, Gloria Patri : texte latin et français, doxologie trinitaire née aux IIe-IVe siècles, usage à l'Office divin et au Rosaire.
Fiche de synthèse
- Titre latin
- Gloria Patri
- Type
- doxologie
- Siècle d'origine
- IIe-IVe siècle
- Auteur attribué
- Formule liturgique (doxologie trinitaire)
- Usage liturgique
- Récité à la fin de chaque psaume et cantique de la Liturgie des Heures (Office divin), à la conclusion de chaque dizaine du Rosaire, à l'Introït de la Messe (forme tridentine), à la fin du Magnificat, du Benedictus et du Nunc dimittis, et dans de nombreuses dévotions privées (chapelet de la Miséricorde, neuvaines).
- Type
- Doxologie trinitaire (mineure)
- Origine
- IIe-IVe siècles, formulaire baptismal
- Auteur
- Anonyme (formation patristique)
- Forme stabilisée
- Concile de Tolède (633), seconde partie ajoutée
- Usage liturgique
- Conclusion de chaque psaume à l'Office, Rosaire, antiphonaires
- Adressée
- Au Père, au Fils et au Saint-Esprit
- Statut
- Acclamation universelle de la prière chrétienne
Histoire et contexte
Le Gloria Patri, dite « petite doxologie » (par opposition au Gloria in excelsis, grande doxologie), est la conclusion de louange trinitaire qui suit chaque psaume et cantique de l'Office divin. Sa première partie « Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto » dérive de la formule baptismale de Mt 28,19 et est attestée dès la fin du IIe siècle (martyrs de Lyon, Polycarpe). La seconde partie « Sicut erat in principio... » est ajoutée au IVe siècle, en Occident, en réaction à l'arianisme, pour souligner l'éternité du Fils. Le Concile de Vaison (529) en généralise l'usage à toute la Gaule à la fin de chaque psaume.
Texte latin
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in sæcula sæculorum. Amen.
Texte français
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Comment prier le Gloire au Père
Dom Guéranger conseillait aux moines de chanter le Gloria Patri à la fin de chaque psaume avec une inclination profonde, en signe d'adoration trinitaire. Reprenez ce geste à la maison : à la fin des psaumes lus dans la lectio divina, ou à chaque dizaine du Rosaire. Pour ponctuer le jour, récitez-le aux moments de transition (réveil, repas, coucher) : c'est une bénédiction trinitaire qui ne prend que quelques secondes. À l'Office monastique, la Schola Solesmensis chante les huit tons psalmodiques avec leurs terminaisons propres pour le Gloria, chef-d'œuvre liturgique.
Questions fréquentes
Pourquoi dit-on doxologie « mineure » ?
Pour la distinguer de la doxologie « majeure » (le Gloria in excelsis Deo de la Messe), beaucoup plus longue. La mineure est brève et sert de conclusion ordinaire aux psaumes ; la majeure est un hymne à part entière.
Que signifie « sicut erat in principio » ?
« Comme il était au commencement » : la gloire trinitaire est éternelle. Avant la création, elle était déjà ; elle l'est aujourd'hui ; elle le sera dans les siècles des siècles. Cette formule contredit toute idée d'un Fils ou d'un Esprit créés dans le temps.
Pourquoi conclut-on chaque psaume par le Gloria ?
Pour conférer aux psaumes vétérotestamentaires leur achèvement chrétien. Les psaumes prient le Dieu un d'Israël ; la doxologie christianise leur usage en les ramenant à la révélation trinitaire pleinement manifestée dans le Christ.
Pour aller plus loin
- Saint Basile de Césarée, Traité du Saint-Esprit, ch. 25-29 (origine trinitaire de la doxologie)
- Dom Prosper Guéranger, Institutions liturgiques, t. I, ch. 13
- Robert Taft, The Liturgy of the Hours in East and West, Liturgical Press, 1986
Commentaire spirituel
Le Gloria Patri, ou « doxologie mineure », est l'une des plus anciennes prières de l'Église. Sa première partie (« Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit ») reflète la formule baptismale de Matthieu 28,19. Au IVe siècle, contre l'arianisme qui voulait dire « Gloire au Père par le Fils dans l'Esprit », laissant entendre une subordination, l'Église a fixé le « et » coordonnant qui place les trois Personnes sur un même plan. Saint Basile, dans son Traité du Saint-Esprit (374), défend cette formule comme un rempart de la foi trinitaire.
La seconde partie (« Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in saecula saeculorum, Amen ») fut ajoutée pour signifier l'éternité de la gloire trinitaire : telle elle était au commencement (avant tous les siècles), elle est maintenant et le sera toujours. Le Concile de Tolède (633) sanctionne cette extension. Dans la liturgie monastique, chaque psaume de l'Office se termine par cette doxologie, transformant la prière vétérotestamentaire en confession trinitaire chrétienne. C'est le souffle même de la laus perennis, la louange perpétuelle.
Au Rosaire, le Gloria conclut chaque dizaine après les dix Ave : il scelle la contemplation du mystère christique par une remontée à la source trinitaire. Sa brièveté, vingt-trois mots latins, en fait une formule qu'on peut graver dans la mémoire et glisser à tout instant du jour, comme un signe de croix vocal.