Symbole des Apôtres

Enluminure médiévale du Symbole des Apôtres représentant les douze articles de foi attribués à chaque apôtre
Manuscrit enluminé du Symbole des Apôtres, Bibliothèque Mazarine ms. 0924, f. 150v (XVe siècle), Unknown artistUnknown artist, Source : Wikimedia Commons (Public domain)

Symbolum Apostolorum, Symbolum Nicaeno-Constantinopolitanum : texte latin et français, conciles de 325 et 381, structure trinitaire, place dans la Messe.

Fiche de synthèse

Titre latin
Symbolum Apostolorum
Type
profession de foi
Siècle d'origine
IIe-VIIIe siècle
Auteur attribué
Formule liturgique (tradition apostolique romaine)
Usage liturgique
Récité à la Messe dominicale et des solennités (en alternance avec le Symbole de Nicée-Constantinople), au début du Rosaire (sur la croix du chapelet), comme profession de foi baptismale, dans la liturgie de la Veillée pascale (rénovation des promesses du baptême), et à Prime dans l'Office monastique.
Type
Symbole de foi (profession baptismale et liturgique)
Origine
Conciles de Nicée (325) et Constantinople (381)
Auteur
Pères conciliaires (rédaction synodale)
Structure
Trois articles trinitaires + Église, sacrements, fins dernières
Usage liturgique
Messe des dimanches et solennités, après l'homélie
Variante latine
Ajout du <em>Filioque</em> (VIe-XIe s.)
Statut
Norme universelle de la foi catholique

Histoire et contexte

Le Symbole des Apôtres est la profession de foi baptismale de l'Église romaine. Sa forme primitive, le Symbole romain (Vetus Symbolum Romanum), est attestée par saint Hippolyte dans la Tradition apostolique vers 215. Une légende médiévale, mentionnée par Rufin d'Aquilée (IVe s.), attribue la rédaction de ses douze articles aux douze Apôtres lors de la Pentecôte, chacun en aurait composé un. La forme textuelle reçue (Textus Receptus) est fixée vers le VIIIe siècle en Gaule mérovingienne, dans le sacramentaire gélasien. Charlemagne en généralise l'usage. Le Concile Vatican II l'a maintenu comme alternative au Symbole de Nicée-Constantinople à la Messe.

Texte latin

Credo in Deum, Patrem omnipotentem, Creatorem cæli et terræ. Et in Iesum Christum, Filium eius unicum, Dominum nostrum, qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria Virgine, passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus, et sepultus, descendit ad inferos, tertia die resurrexit a mortuis, ascendit ad cælos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis, inde venturus est iudicare vivos et mortuos. Credo in Spiritum Sanctum, sanctam Ecclesiam catholicam, sanctorum communionem, remissionem peccatorum, carnis resurrectionem, vitam æternam. Amen.

Texte français

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l'Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.

Commentaire spirituel

Le Credo de la Messe, ou Symbole de Nicée-Constantinople, n'est pas un résumé doctrinal abstrait : c'est l'acte par lequel l'Église, debout, professe à voix haute la foi reçue des apôtres et scellée par les conciles. Né de la crise arienne, il fut promulgué à Nicée en 325 contre la négation de la divinité du Fils, puis complété à Constantinople en 381 sur la divinité du Saint-Esprit. Sa structure trinitaire est rigoureuse : « Je crois en un seul Dieu, le Père… en un seul Seigneur Jésus-Christ… en l'Esprit Saint… » Trois articles d'égale dignité confessent un seul mystère.

Le cœur dogmatique tient dans deux mots grecs : homoousion tō Patri, « consubstantiel au Père », rendu en latin par consubstantialem Patri. Contre toute subordination du Fils, ce terme, longuement débattu par Athanase d'Alexandrie, affirme l'unité de substance des Personnes divines. L'incise mariale (« Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine ») est si vénérable que la rubrique demande, jusqu'à 1969, l'agenouillement à ces mots ; elle est conservée à Noël et à l'Annonciation.

Le Filioque latin (« qui ex Patre Filioque procedit »), introduit en Espagne au VIe siècle et adopté à Rome vers 1014, demeure un point de débat œcuménique avec les Orthodoxes. Mais l'unité demeure : un seul baptême, un seul Esprit, une seule Église confessée par tous les chrétiens.

Comment prier le Symbole des Apôtres

Le dimanche, à la Messe, debout après l'homélie, ne marmonnez pas le Credo : prononcez-le comme un acte personnel, en mettant l'accent sur le « Je » initial, Credo, je crois. Le Symbole des Apôtres (plus court) sert au baptême et à la récitation privée du Rosaire. Pour une méditation longue, découpez-le en trois articles trinitaires et consacrez à chacun une semaine d'oraison. Le Tonus solemnis du Liber Usualis, chanté en latin, est l'une des plus belles façons d'en goûter l'architecture sonore. Aux moments de doute, récitez-le à voix basse comme une ancre.

Enluminure romane de la Pentecôte, moment légendaire de la composition du Symbole par les douze Apôtres
Pentecôte, Psautier d'Aliénor d'Aquitaine (vers 1185), KB La Haye, ms. 76 F 13, f. 27r, OlafJanssen, Source : Wikimedia Commons (Public domain)

Questions fréquentes

Quelle différence entre Symbole des Apôtres et Symbole de Nicée ?

Le Symbole des Apôtres est un texte baptismal romain plus court, attesté dès le IIe siècle. Le Symbole de Nicée-Constantinople (325/381) est conciliaire, plus développé sur le Christ et l'Esprit. La Messe utilise le second, le baptême et le Rosaire le premier.

Que signifie le Filioque ?

Le mot latin « Filioque » (« et du Fils ») a été ajouté à la formule « l'Esprit qui procède du Père » pour préciser que l'Esprit procède du Père et du Fils. Adopté par Rome vers 1014, il n'est pas reçu par les Églises orthodoxes, qui s'en tiennent au texte grec original.

Pourquoi s'inclinait-on autrefois à l'« Et incarnatus est » ?

Le Missel romain demandait depuis Pie V une génuflexion ou inclination profonde au passage rappelant l'Incarnation, en signe d'adoration du mystère. Depuis 1969, l'inclination profonde est conservée, et la génuflexion subsiste pour Noël et l'Annonciation.

Pour aller plus loin

  • Catéchisme de l'Église catholique, §§ 185-1065 (commentaire détaillé du Symbole)
  • Joseph Ratzinger, La foi chrétienne hier et aujourd'hui, Cerf, 1969 (méditation sur le Credo)
  • Henri de Lubac, La Foi chrétienne. Essai sur la structure du Symbole des Apôtres, Aubier, 1969